Né le 1er janvier 2026 à l’hôpital d’Avignon, Zaïd, le premier bébé de l’année en France, est la cible d’une vague de messages racistes sur les réseaux sociaux. La publication de sa photo par la presse locale a déclenché un flot de commentaires haineux visant ses origines et son prénom, provoquant une vive indignation.
Le nourrisson a été présenté dans un article du quotidien régional La Provence quelques heures après sa naissance. Rapidement, l’espace commentaire s’est transformé en déversoir de haine. Selon l’agence Anadolu, Zaïd a été qualifié de « terroriste », de « futur dealer » ou encore de « gnoule » par des internautes, majoritairement anonymes. Certains messages affirmaient que le nouveau-né « va brûler des voitures » ou que « ses petits doigts cherchent déjà le manche du couteau ». Face à cette situation, le directeur de la rédaction du journal a condamné ces propos, désactivé les commentaires et supprimé les contenus incriminés.
Ce phénomène touche d’autres médias français. France Bleu a également dû restreindre les interactions sur ses plateformes face à des propos visant des personnes d’origine maghrébine. Sur le plan légal, ces injures à caractère raciste exposent leurs auteurs à des peines pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Des plateformes spécialisées comme Tajmaât ont indiqué avoir identifié plusieurs auteurs présumés, parmi lesquels figureraient un cadre du parti Reconquête, un enseignant et un directeur juridique.
L’affaire suscite de nombreuses réactions de soutien. Le collectif No Pasaran Jeunes a mené des actions de collage à Montfavet avec des messages de bienvenue pour l’enfant. Le député Raphaël Arnault a dénoncé des attaques « ignobles », tandis que le Ministère de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes n’a pas encore formulé de réaction officielle. Ce cas s’inscrit dans une série d’incidents similaires : Maryam, le dernier bébé de 2025 à Avignon, ainsi que trois autres nourrissons, ont également été visés par des attaques racistes ces derniers jours.


