Les répercussions du conflit au Moyen-Orient continuent de s’étendre bien au-delà de la région. Face aux perturbations majeures de l’approvisionnement énergétique mondial, le gouvernement pakistanais a été contraint d’adopter une série de mesures drastiques pour réduire sa consommation nationale.
Lors d’une allocution nationale relayée par le quotidien local Dawn et citée par l’agence Anadolu, le Premier ministre Shehbaz Sharif a dévoilé ce lundi un dispositif de restriction inédit. L’administration publique est la première visée : la moitié des fonctionnaires, hors services essentiels, est immédiatement placée en télétravail. Le fonctionnement des bureaux gouvernementaux est par ailleurs réduit à quatre jours par semaine, à l’exception du secteur bancaire. Le secteur éducatif n’est pas épargné, avec la fermeture de toutes les écoles pour une durée de deux semaines. L’enseignement supérieur bascule quant à lui intégralement en ligne.
L’effort demandé s’accompagne d’une cure d’austérité financière au sommet de l’État. Les allocations carburant allouées aux véhicules officiels sont réduites de moitié pour les deux prochains mois, tandis que 60 % du parc automobile gouvernemental est retiré de la circulation. Le cabinet fédéral a annoncé renoncer à ses salaires sur cette même période. Les parlementaires verront également leurs émoluments amputés de 25 %. Le plan inclut l’interdiction d’acquérir de nouveaux véhicules, la limitation stricte des voyages à l’étranger non essentiels et la généralisation des réunions virtuelles.
L’onde de choc énergétique touche également l’Inde voisine. Le ministère indien du Pétrole et du Gaz naturel a ordonné à ses raffineries d’intensifier la production de gaz de pétrole liquéfié (GPL) face aux contraintes d’approvisionnement actuelles. La priorité est donnée à la consommation domestique des ménages, le GPL importé étant désormais redirigé vers les infrastructures critiques comme les hôpitaux et les écoles.
En parallèle, un climat de tension interne s’installe au Pakistan. L’ambassade des États-Unis à Islamabad a émis une alerte de sécurité en prévision de manifestations annoncées pour ce mardi, restreignant les déplacements de son personnel à partir de la mi-journée.
Ces bouleversements logistiques et sécuritaires découlent directement de l’escalade militaire amorcée fin février. Les frappes conjointes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février, ayant fait plus de 1 200 morts dont le guide suprême l’Ayatollah Ali Khamenei, ont déclenché une vague de ripostes iraniennes visant plusieurs pays de la région. En réponse, Téhéran a imposé la fermeture de facto du détroit d’Ormuz depuis le 1er mars, bloquant ainsi une voie stratégique par laquelle transitent quotidiennement 20 millions de barils de pétrole et un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié.

