La littérature économique sénégalaise s’enrichit ce mois-ci d’une nouvelle publication axée sur les dynamiques professionnelles en Afrique de l’Ouest. Dirigé par un universitaire de renom, ce travail collectif se penche sur la trajectoire de la classe moyenne féminine dans l’espace UEMOA et met en lumière un obstacle spécifique qui freine l’accès aux postes qualifiés.
C’est une réalité quotidienne, souvent reléguée au second plan, qui se trouve au cœur de ce nouveau livre. Selon les informations de Sud Quotidien, l’ouvrage intitulé « La contrainte de garde d’enfants, un frein à l’essor de la classe moyenne féminine dans l’espace UEMOA » paraîtra prochainement aux Presses Universitaires de Dakar (PUD). Les recherches, coordonnées par l’économiste sénégalais Joe Cabral, démontrent comment l’absence ou la faiblesse de solutions de garde formelles empêche les femmes d’accéder à des emplois stables.
L’étude se concentre sur plusieurs pays de la sous-région, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Bénin. Elle décortique les arbitrages constants que les femmes doivent opérer entre le travail rémunéré, la prise en charge des enfants et les normes sociales qui leur assignent encore majoritairement cette responsabilité.
Face à ce constat, les résultats de la recherche formulent des orientations précises à l’attention des décideurs publics, des chercheurs et des acteurs de la société civile. Les auteurs plaident pour un investissement massif dans des services de garde accessibles et de qualité, incluant les crèches, les structures préscolaires et les dispositifs communautaires encadrés. La levée de ce frein structurel est identifiée comme une condition indispensable pour l’élargissement durable de la classe moyenne urbaine ouest-africaine.
Professeur titulaire à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Joe Cabral dirige également le Laboratoire de recherches sur les institutions et la croissance (LINC). Ses travaux portent de longue date sur le marché du travail, les inégalités et le rôle des institutions dans les trajectoires de développement. Il s’était déjà illustré avec la publication de « Sénégal : quand la trajectoire de croissance ‘disqualifie’ les qualifiés », une analyse détaillée des diplômés laissés pour compte par l’économie nationale.


