Le système éducatif français s’apprête à connaître une révision en profondeur de ses modalités d’évaluation. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a dévoilé jeudi un ensemble de réformes visant à rehausser l’exigence des diplômes nationaux et à évaluer plus rigoureusement le niveau réel des élèves.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les changements les plus imminents concernent le diplôme national du brevet. Dès la session 2026, le poids des épreuves finales passera à 60 % de la note globale, contre 50 % actuellement. Le contrôle continu sera quant à lui strictement calculé sur la moyenne des notes obtenues en classe tout au long de l’année. Cette révision s’accompagne d’une consigne stricte adressée aux correcteurs : les fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire seront lourdement sanctionnées. Le ministre a précisé qu’une copie présentant de graves lacunes dans ces domaines ne pourra plus obtenir la moyenne.
Cette exigence accrue aura un impact direct sur les résultats de fin d’année. Édouard Geffray anticipe une baisse drastique du taux de réussite au brevet, estimant une chute pouvant aller jusqu’à 10 points. Le taux d’admission devrait ainsi se stabiliser autour de 75 %, entraînant mécaniquement une diminution du nombre de mentions accordées.
Le baccalauréat, qui a affiché un taux de réussite de près de 92 % en 2025, est également ciblé par ces ajustements. Afin de renforcer la crédibilité de son attribution, l’octroi des points de jury sera strictement limité à partir de 2026. Cette mesure vise à empêcher le repêchage artificiel de candidats proches de la moyenne pour leur permettre d’accéder aux épreuves orales de rattrapage.
Parallèlement à ce durcissement de l’évaluation, le ministère instaure de nouveaux dispositifs de valorisation. Un concours général des collèges verra le jour en 2027, calqué sur le modèle de celui existant pour les lycées. Les établissements pourront y inscrire jusqu’à 10 % de leurs effectifs, en respectant la parité filles-garçons. Les candidats s’affronteront dans une seule des cinq disciplines proposées : français, mathématiques, histoire-géographie, arts et numérique-codage. Les inscriptions se feront à l’automne pour des épreuves prévues en janvier et février.
Enfin, des interventions spécifiques ont déjà débuté dans 800 collèges identifiés comme étant en grande difficulté scolaire. Ces établissements se caractérisent par une proportion d’au moins 40 % d’élèves n’atteignant pas la note de 8/20 en français et en mathématiques lors des épreuves du brevet.

