L’île caribéenne fait face à une paralysie sans précédent de ses infrastructures énergétiques. Depuis lundi, l’intégralité du réseau électrique national a cédé, plongeant environ 10 millions d’habitants dans l’obscurité totale. Une situation extrême qui, au-delà de la défaillance technique, découle d’une stratégie d’étouffement économique ciblant les approvisionnements du pays.
L’Union Nacional Electrica de Cuba (UNE), la compagnie d’État en charge de l’énergie, a annoncé travailler au rétablissement des flux électriques tout en enquêtant sur les causes exactes de cet arrêt complet du réseau. Toutefois, la racine de cet effondrement est d’ores et déjà identifiée : une pénurie drastique de carburant.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, aucune importation de pétrole n’a atteint le territoire cubain depuis le 9 janvier. Cette rupture d’approvisionnement est le résultat d’une campagne de pression maximale orchestrée par Washington. À la suite de l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, le gouvernement de la dirigeante par intérim Delcy Rodriguez a accepté de suspendre les expéditions de brut vers Cuba.
Pour verrouiller cet embargo, le président américain Donald Trump a menacé de sanctions d’autres nations, dont le Mexique, si elles tentaient de livrer du carburant à l’île. Ces mesures frappent de plein fouet un pays dont la production électrique dépend presque exclusivement des importations pétrolières. Des données de suivi maritime consultées par l’agence Reuters confirment l’ampleur du blocage : seuls deux petits navires transportant du pétrole ont pu accoster à Cuba depuis le début de l’année. Ce nouvel incident survient peu après une précédente panne majeure à la centrale d’Antonio Guiteras, la plus grande du pays, qui avait déjà privé d’électricité les deux tiers du territoire pendant plus de 24 heures.
Cette asphyxie énergétique s’inscrit dans une volonté assumée de l’administration américaine de forcer un changement de régime. Sur le terrain, les actions de Washington aggravent une crise humanitaire déjà marquée par de graves pénuries de nourriture et de médicaments. Ces conditions de vie détériorées ont récemment déclenché des mouvements de contestation inhabituels, des manifestants ayant notamment incendié un bureau du Parti communiste le week-end dernier.
Sur le plan diplomatique, le président cubain Miguel Diaz-Canel a confirmé la semaine dernière la tenue de pourparlers avec l’administration de Donald Trump. Ce dernier, qui avait par le passé évoqué l’hypothèse d’une « prise de contrôle amicale », a affirmé dimanche que Cuba souhaitait trouver un terrain d’entente. Maintenant la ligne d’une approche militariste assumée en Amérique latine, Donald Trump a déclaré : « Je pense que nous allons très bientôt soit conclure un accord, soit faire ce que nous avons à faire. »


