L’appel lancé par Donald Trump à ses alliés pour sécuriser le détroit d’Ormuz se heurte à la prudence de Tokyo. Face à l’escalade des tensions dans la région, les autorités japonaises ont clarifié leur position concernant un éventuel déploiement naval, s’appuyant sur leur cadre législatif.
Dimanche, Takayuki Kobayashi, chef de la politique du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, a indiqué que le seuil requis pour l’envoi de navires de guerre japonais dans cette zone est jugé « extrêmement élevé ». S’exprimant sur la chaîne publique NHK, et relayé par l’agence Anadolu, le responsable a précisé que si cette option n’est pas formellement exclue par les lois actuelles, la poursuite du conflit impose d’envisager une telle décision « avec la plus grande prudence ».
Cette mise au point de Tokyo intervient quelques heures après une déclaration de Donald Trump. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a exhorté plusieurs nations, dont le Japon, la Chine, la France, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, à dépêcher des navires pour maintenir le détroit « ouvert et sûr ». Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient détruit « 100 % de la capacité militaire iranienne », tout en soulignant qu’il restait facile pour Téhéran de perturber ce passage stratégique à l’aide de drones, de mines ou de missiles à courte portée.
Le détroit d’Ormuz est effectivement fermé par l’Iran depuis le début du mois de mars. Cette situation découle des frappes conjointes menées le 28 février par les États-Unis et Israël contre le territoire iranien. Ces attaques ont fait plus de 1 200 morts, parmi lesquels figurait le guide suprême de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei. Depuis cet événement, les hostilités n’ont cessé de s’intensifier. Téhéran a riposté par des tirs de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l’Irak, ainsi que des pays du Golfe abritant des installations militaires américaines, causant des pertes humaines et des dégâts matériels.

