La ville de Maiduguri, située dans le nord-est du Nigeria, a été le théâtre d’une série d’explosions meurtrières ce lundi. Les autorités locales et les services de secours font état de dizaines de morts et de blessés, replongeant la capitale de l’État de Borno dans une crise sécuritaire majeure après plusieurs années de relative accalmie intra-muros.
Les détonations ont retenti aux abords de trois sites particulièrement fréquentés. Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, les explosions ont frappé l’entrée du centre hospitalier universitaire de Maiduguri ainsi que deux marchés locaux, connus sous les noms de Post Office et Monday Market. Face à ce que la police qualifie de suspicions d’attentats-suicides, des équipes de déminage ont été immédiatement déployées. Sirajo Abdullahi, chef des opérations de l’Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) à Maiduguri, a confirmé la prise en charge de nombreuses victimes dans les structures sanitaires, précisant que le décompte officiel des pertes humaines était toujours en cours.
Sur le terrain, l’ampleur des dégâts matériels et humains est considérable. Bagoni Alkali, un témoin ayant participé à l’évacuation des victimes, a indiqué que plus de 200 personnes blessées recevaient des soins d’urgence, ajoutant que de nombreuses autres avaient perdu la vie sur le coup. Un autre volontaire, Mohammed Hassan, a déclaré avoir évacué dix corps des marchés touchés, soulignant un besoin urgent de dons de sang pour les rescapés.
Si aucune organisation n’a pour l’heure revendiqué ces actes, la région est régulièrement la cible de groupes armés tels que Boko Haram et la Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (ISWAP). Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a fermement condamné ces attaques. Il a par ailleurs établi un lien direct entre cette recrudescence de la violence et l’intensification des opérations militaires menées actuellement dans la forêt de Sambisa, un bastion historique des insurgés. Plus tôt dans la journée, l’armée nigériane avait d’ailleurs annoncé avoir repoussé des assauts de combattants à la périphérie de la ville.
Ces événements surviennent dans un contexte d’insécurité persistante dans les zones rurales environnantes, où des assauts coordonnés contre des bases militaires ont coûté la vie à au moins 14 personnes la semaine dernière. Face à cette crise prolongée, les États-Unis ont entamé le mois dernier le déploiement de 200 soldats de l’AFRICOM pour fournir un appui technique et une formation aux forces nigérianes. Cette coopération sécuritaire élargie fait suite aux déclarations du Président Donald Trump, qui avait accusé l’année dernière les autorités nigérianes de manquer à leur devoir de protection envers les communautés chrétiennes, bien que des experts indépendants rappellent que la violence dans le nord du pays touche indistinctement chrétiens et musulmans.


