La Knesset a validé le budget 2026, le plus volumineux de l’histoire d’Israël. Si une part importante de cette enveloppe est logiquement orientée vers l’effort militaire, l’enjeu principal de ce vote résidait dans la survie politique de la coalition au pouvoir, contrainte de trouver un accord interne pour éviter une dissolution immédiate.
Selon l’agence de presse Anadolu, le texte global de 850,6 milliards de shekels (environ 271 milliards de dollars) a été adopté par 62 voix contre 55 sur les 120 sièges du parlement. Le ministère de la Défense capte une part substantielle avec 142 milliards de shekels (45,3 milliards de dollars) de dépenses directes, auxquels s’ajoutent 82,2 milliards de shekels d’engagements à long terme.
Le processus d’adoption s’est déroulé sous la pression directe des partis ultra-orthodoxes (Haredim), alliés indispensables du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ces formations menaçaient de bloquer le texte en l’absence d’une loi exemptant les étudiants des écoles talmudiques (Yeshiva) du service militaire. La législation israélienne stipule qu’un rejet du budget avant la fin mars entraîne automatiquement la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées dans un délai de trois mois.
Pour écarter cette perspective politique en pleine période de frappes contre l’Iran, une manœuvre financière spécifique a été intégrée au document. Le quotidien israélien Yedioth Ahronoth a révélé l’existence d’une ligne budgétaire de 790 millions de shekels (environ 252 millions de dollars) destinée aux institutions Yeshiva et Haredim. Le journal précise que ces capitaux, précédemment gelés par le procureur général d’Israël, ont été réintroduits discrètement dans le texte final.
Cette allocation a pris l’opposition de court au moment du vote. Le chef de file des opposants, Yair Lapid, a fermement rejeté l’ensemble de la loi de finances, qualifiant la répartition de ce budget de « plus grand vol de l’histoire de l’État ».

