Les résultats de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) pour l’année 2025 ont été rendus publics par Transparency International. Au niveau national, l’évaluation menée par le Forum Civil met en lumière une évolution chiffrée de la position sénégalaise, consécutive aux récentes réformes institutionnelles, tout en soulevant de nouvelles exigences de reddition des comptes sur des fonds spécifiques.
Selon les informations relayées par le journal Sud Quotidien, le Sénégal affiche un score de 46 points sur 100 dans ce nouveau classement. Cette note représente un gain d’un point par rapport à l’édition 2024. Bien que cette progression soit qualifiée d’encourageante par le Forum Civil, la section sénégalaise de Transparency International précise que le pays se maintient dans la zone rouge de forte perception de la corruption. Historiquement, le score national s’était stabilisé à 45/100 entre 2016 et 2020, avant de chuter à 43/100 sur la période 2021-2023.
Ce retournement de tendance est directement imputé à la mise en œuvre de plusieurs réformes au cours de l’année 2024. Notre rédaction note que les mesures identifiées incluent l’adoption de la loi modifiant le cadre juridique de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la révision des textes sur la déclaration de patrimoine, ainsi que la législation contre le blanchiment de capitaux. L’opérationnalisation du Pool Judiciaire Financier (PJF) a également pesé dans la balance. L’organisation estime que l’impact complet de ces textes, accompagnés de leurs décrets d’application promulgués en novembre, devrait se refléter dans l’IPC 2026, à condition que leur exécution soit effective.
Au-delà du constat statistique, le Forum Civil a formulé des requêtes précises à l’endroit des autorités. L’organisation réclame la publication des rapports de l’Inspection Générale d’État (IGE) par la Présidence, et demande au Premier ministre de restaurer l’orthodoxie dans la passation des marchés publics. L’Assemblée nationale est par ailleurs invitée à divulguer les détails liés à l’acquisition des véhicules de l’institution. Des appels similaires à la publication régulière de rapports ont été lancés en direction de la Cour des comptes et de l’ARCOP.
Sur le plan de la transparence financière, des clarifications sont exigées sur des dossiers ciblés. L’entité demande à l’État de justifier l’utilisation des 8 milliards de francs CFA destinés aux sinistrés des inondations de 2024 à Bakel, ainsi que les 37 milliards de francs CFA impliqués dans l’affaire ASER-AE Power. La publication du rapport du cabinet Forvis Mazars sur la dette publique fait également partie des doléances exprimées au nom du principe de redevabilité.
Enfin, la déclaration aborde la gestion des bourses dans les universités publiques. Face aux difficultés actuelles, l’équipe dirigée par Matar Sall suggère au gouvernement d’étudier un nouveau modèle de gouvernance. Celui-ci pourrait se matérialiser par la création d’une structure indépendante dédiée à la régulation des allocations sociales dans les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle.


