La stratégie de financement de l’État sur les marchés internationaux suscite une offensive politique de l’opposition. À travers une déclaration officielle, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a interpellé le gouvernement sur la nature exacte des derniers instruments d’emprunt utilisés.
Selon les informations relayées par Le Quotidien, le Fdr dénonce spécifiquement le recours aux Total return swaps (Trs). La coalition qualifie ces instruments financiers complexes de « dette fantôme » ou de « dette cachée », estimant qu’ils menacent l’équilibre de l’économie nationale. Le Fdr pointe également un revirement des autorités : après avoir initialement accusé le journal britannique Financial Times de désinformation sur ce dossier, le ministre des Finances et du budget a finalement confirmé l’existence de ces opérations.
L’opposition exige des clarifications sur plusieurs aspects techniques. Si le ministère a avancé un taux d’intérêt de 7%, le Fdr s’interroge sur la nature fixe ou variable de ce taux, rappelant que des économistes sénégalais évaluent l’impact financier réel de l’opération à 12%. Par ailleurs, un risque contractuel est mis en évidence : selon le Fdr, la First Abu Dhabi Bank disposerait d’une clause d’appel de marge lui permettant d’exiger un remboursement anticipé en cas de dégradation de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation Moody’s ou S&P.
Le rôle des intermédiaires est également ciblé par la coalition, qui juge totalement opaque l’intervention du cabinet Global Sovereign Advisory, établi à Paris et Dubaï. En conséquence, le mouvement réclame la publication immédiate des contrats liant l’État à l’Africa Finance Corporation (Afc), à la First Abu Dhabi Bank et à la Société générale. Il demande en outre que l’identité des bénéficiaires des commissions et le montant précis des charges financières soient rendus publics.
En marge de ce dossier économique, la déclaration du Fdr aborde d’autres événements nationaux. Le regroupement a présenté ses condoléances à la communauté khadre de Guéoul à la suite du décès du khalife Cheikh Mahfou et de deux de ses épouses. Enfin, le front a rendu hommage à cinq soldats récemment tombés en Casamance, soulignant que le conflit dans la zone sud tend à s’aggraver en dépit des communications officielles.


