Un commerçant malien réclame plus d’un milliard de francs CFA à un homme d’affaires sénégalais dans le cadre d’une transaction de tissus qui n’a jamais abouti. L’affaire, émaillée de retards, de changements de domiciles et d’interventions au niveau de la police judiciaire, vient de connaître un nouveau renvoi devant les tribunaux.
Selon les informations d’IGFM, le litige remonte au mois de mai 2022. El Hadji Alioune Badara Guèye a approché Mamoudou Niangadou pour lui proposer d’importants lots de tissu Gezner. Jugeant l’offre opportune, le commerçant malien et ses associés ont rassemblé la somme de 1 392 224 000 FCFA pour l’acquisition de 6 700 pièces. Cependant, la livraison n’a jamais été effectuée. Le fournisseur a multiplié les justifications au fil des mois, évoquant tantôt des conteneurs bloqués, tantôt des problèmes avec les services douaniers.
Face à ces reports successifs, le plaignant a déposé une première plainte à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. Constatant l’absence d’évolution de son dossier, il s’est ensuite tourné vers la Brigade de recherches de Dakar. C’est à cette étape qu’une intervention directe a modifié le cours de la procédure. IGFM précise que l’ancien procureur Abdou Karim Diop a appelé l’officier de police judiciaire en charge pour lui ordonner de ne pas se saisir du dossier, au motif que la Sûreté urbaine l’instruisait déjà. Le plaignant souligne dans sa plainte que l’accusé met régulièrement en avant son amitié avec l’ex-magistrat.
Pour échapper aux personnes se disant lésées, El Hadji Badara Guèye, qui se présente comme un homme d’affaires proche d’Ousmane Sonko, n’aurait pas de domicile fixe. Il alternerait ses lieux de résidence entre Dakar, Pikine et Saint-Louis.
Le dossier a été appelé à la barre la semaine dernière, avant d’être renvoyé au 10 juin 2026. Notre rédaction rappelle que cet homme n’en est pas à sa première comparution. En 2021, il avait été attrait devant le tribunal correctionnel de Dakar pour escroquerie et blanchiment de capitaux portant sur plus de 300 millions de FCFA. Il était alors accusé d’avoir ciblé six personnes, dont Moustapha Cissé, le directeur de Google en Afrique.


