Le secteur de la grande distribution spécialisée en France amorce un tournant majeur. L’avenir capitalistique du groupe Fnac Darty se précise à la suite d’une réunion déterminante de ses administrateurs concernant le projet de rachat de l’entreprise.
Le conseil d’administration de Fnac Darty a rendu un avis favorable et unanime à l’offre publique d’achat (OPA) lancée en janvier par l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. Selon les éléments rapportés par l’agence Anadolu, les administrateurs estiment que cette proposition financière est conforme aux intérêts de l’entreprise, de ses actionnaires ainsi que de ses salariés. Un rapport d’expertise indépendant a par ailleurs validé le caractère équitable de l’opération.
Déjà premier actionnaire avec 28,5 % des parts, Daniel Kretinsky ambitionne, via sa société EP Group, de franchir le seuil des 50 % pour obtenir le contrôle majoritaire. L’offre est fixée à 36 euros par action, valorisant le spécialiste de la distribution de produits électroniques et culturels à plus d’un milliard d’euros. Le maintien de la cotation en Bourse est prévu à l’issue de cette OPA, dont la finalisation reste suspendue à l’approbation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et pourrait intervenir au cours du second semestre 2026.
Cette manœuvre s’inscrit dans un contexte concurrentiel précis. La prise de contrôle majoritaire par l’homme d’affaires tchèque permettrait de limiter l’influence du groupe chinois JD.com. Ce dernier est actuellement en phase d’acquisition du distributeur allemand Ceconomy, qui détient plus de 20 % du capital de Fnac Darty. Cette transaction ferait indirectement de JD.com le deuxième actionnaire du groupe français.
Sur le plan comptable, l’entreprise a clôturé l’année 2025 avec une perte nette de 146 millions d’euros, impactée par des dépréciations et les difficultés de son enseigne Nature et Découvertes, en instance de cession. En parallèle, l’intégration du distributeur italien Unieuro fin 2024 a permis au chiffre d’affaires global de progresser de 25 %, atteignant 10,3 milliards d’euros, avec des ventes quasi stables (+0,7 %) à périmètre comparable hors effets de change.

