L’Autorité du canal de Suez observe une inversion de tendance significative concernant le trafic maritime, lourdement impacté ces deux dernières années par les tensions géopolitiques en mer Rouge. Lors de l’ouverture de la 15e édition de la Conférence internationale du transport maritime et de la logistique (MARLOG), les responsables égyptiens ont présenté un premier bilan comptable pour l’année en cours, marquant une rupture nette avec la période de crise précédente.
Osama Rabie, président de l’Autorité du canal, a profité de cette tribune pour détailler la reprise des activités de cette voie navigable stratégique. Selon les données communiquées, le canal a généré des recettes de 449 millions de dollars entre le 1er janvier et le 8 février 2026. Ce chiffre marque une progression notable par rapport à la même période en 2025, où les revenus s’établissaient à 368 millions de dollars. Cette dynamique positive est corroborée par le passage de 1 315 navires depuis le début de l’année, contre 1 243 l’an passé, représentant un tonnage net en hausse, passant de 47 à 56 millions de tonnes.
Cette embellie financière et logistique trouve son origine dans l’évolution récente de la situation sécuritaire régionale. D’après les explications fournies par Osama Rabie et relayées par l’agence Anadolu, ce redressement fait suite au sommet pour la paix de Charm el-Cheikh. La rencontre diplomatique a favorisé l’instauration d’un cessez-le-feu à Gaza, rétablissant un climat de calme relatif indispensable au commerce maritime international. L’année 2024 avait, à l’inverse, été qualifiée de période de « forte pression » en raison des attaques du groupe houthi contre les navires commerciaux.
Les indicateurs de l’exercice budgétaire 2025-2026 confirment cette résilience. Les statistiques de navigation pour le premier semestre de cet exercice affichent une augmentation de 5,8 % du nombre de navires en transit et une hausse de 16 % du tonnage net. Ces volumes se sont traduits par une croissance de 18,5 % des recettes par rapport à l’exercice précédent. Ces résultats contrastent avec le bilan dressé le 21 janvier dernier par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui évoquait alors un manque à gagner d’environ 9 milliards de dollars sur deux ans, conséquence directe de la guerre et du détournement des routes maritimes par les grandes compagnies.


