L’Assemblée nationale du Cambodge a approuvé une nouvelle législation visant à éradiquer les opérations de fraude en ligne sur son territoire. Cette décision intervient dans un contexte de pression internationale croissante, plusieurs pays et organisations accusant l’État asiatique d’abriter des centres clandestins dédiés à la cybercriminalité.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le ministre de la Justice, Keut Rith, a souligné que ce texte a pour but d’intensifier les opérations de « nettoyage » en cours. L’objectif affiché est d’empêcher la réinstallation de ces réseaux après leur démantèlement. Le ministre a précisé que cette loi se veut stricte pour protéger les intérêts du pays, dont l’économie et le tourisme ont été affectés par ces activités illicites. Le texte doit désormais être soumis à la signature du roi pour sa promulgation officielle.
La nouvelle loi instaure des sanctions spécifiques. Les individus reconnus coupables de fraude en ligne encourent des peines allant de deux à cinq ans de prison, assorties d’amendes pouvant atteindre 125 000 dollars. Pour les escroqueries commises en bande organisée ou ciblant de multiples victimes, la réclusion peut s’élever à 10 ans, avec 250 000 dollars d’amende. Le texte vise également les dirigeants de ces centres impliqués dans la traite d’êtres humains, les détentions arbitraires et la torture. Ces derniers s’exposent désormais à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et 500 000 dollars d’amende.
Avant l’adoption de ce texte, le Cambodge ne disposait pas de législation ciblant directement ces escroqueries, les suspects étant jusqu’alors poursuivis pour fraude aggravée ou blanchiment d’argent. Notre rédaction note que cette évolution législative fait suite à de multiples alertes internationales. Jeudi dernier, la Grande-Bretagne a sanctionné les opérateurs d’un vaste complexe de fraude cambodgien. De son côté, le département d’État américain avait dénoncé l’année dernière une complicité présumée à des niveaux officiels, des allégations formellement rejetées par le gouvernement cambodgien. En mai, des experts des Nations Unies avaient également documenté le sort de centaines de milliers de personnes retenues contre leur gré pour exécuter ces opérations frauduleuses.


