Le gouvernement libanais tente d’accélérer la cadence sous la pression internationale, mais se heurte à une réalité de terrain complexe et à une opposition politique interne marquée. Alors que les appels au démantèlement de l’arsenal du Hezbollah se multiplient, l’armée a présenté lundi sa feuille de route pour la suite des opérations, définissant un cadre temporel et géographique qui ne fait pas l’unanimité.
Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, le ministre de l’Information, Paul Morcos, a annoncé que l’armée aurait besoin d’au moins quatre mois pour mener à bien la deuxième phase du plan de désarmement. Ce délai, qualifié d’extensible, dépendra des capacités disponibles sur le terrain et de l’évolution des attaques israéliennes qui continuent de frapper le pays.
Le point de friction majeur réside dans le périmètre concerné par cette nouvelle étape. Après une première phase concentrée au sud du fleuve Litani, cette seconde étape vise la zone située entre le fleuve Litani et le fleuve Awali, à environ 40 kilomètres au sud de Beyrouth. C’est précisément cette extension géographique qui suscite de vives tensions.
Le Hezbollah, par la voix de son chef Naim Qassem, a catégoriquement rejeté cette initiative avant même l’annonce officielle. Pour le groupe armé, l’accord de cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis s’applique « exclusivement au sud » du Litani. Naim Qassem a qualifié les efforts de désarmement au-delà de cette limite de « péché grave », estimant que cela sert les objectifs de l’agression israélienne.
Cette passe d’armes politique intervient dans un contexte sécuritaire toujours volatile. Malgré l’accord de 2024, les hostilités n’ont pas cessé. L’armée israélienne poursuit ses raids, ayant récemment frappé un bus à Hanin et une voiture à Talloussah, causant la mort de deux personnes. Israël justifie ces frappes par la nécessité d’empêcher la reconstruction des infrastructures du groupe armé.
De son côté, Beyrouth dénonce une violation systématique de sa souveraineté. Les autorités libanaises ont déposé une plainte officielle auprès des Nations Unies, recensant 2 036 violations israéliennes au cours des trois derniers mois de 2025. Le gouvernement pointe également l’occupation continue de cinq zones en territoire libanais, qui empêche le retour de dizaines de milliers de déplacés.


