Le 28 février dernier, une frappe a dévasté une école primaire à Minab, dans le sud de l’Iran, coûtant la vie à plus de 170 personnes, majoritairement des enfants. Alors que les appels à une enquête se multiplient aux États-Unis, l’identification précise de l’arme utilisée met en évidence d’importantes contradictions au sommet de l’État américain.
Dans les jours qui ont suivi le drame, Donald Trump a publiquement imputé la responsabilité de ce bombardement à Téhéran. Le président américain a affirmé que l’Iran avait frappé sa propre école en raison d’un manque de précision de ses munitions. Toutefois, de nouvelles images analysées par plusieurs médias et enquêtes indépendantes, relayées par Al Jazeera, ont permis d’identifier les débris d’un missile Tomahawk. Cette arme de fabrication américaine n’est détenue ni par l’Iran, ni par Israël.
Face à ces éléments matériels, Donald Trump a d’abord soutenu que l’Iran possédait des Tomahawks, une déclaration rapidement écartée par les experts militaires en raison des lourdes sanctions empêchant Téhéran d’acquérir cet armement auprès de Washington. Confronté par la suite à un rapport du New York Times révélant qu’une enquête préliminaire du département de la Défense pointe vers une frappe américaine, le discours présidentiel a évolué. Interrogé sur sa responsabilité, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises ne pas connaître les détails de l’incident, tout en s’engageant à accepter les conclusions du rapport final.
Au sein même de l’administration et du camp républicain, la version initiale du président n’a pas été reprise. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, présent lors des premières déclarations de Donald Trump, a refusé d’appuyer les accusations contre l’Iran, rappelant qu’une enquête du Pentagone était en cours. De son côté, le sénateur républicain John Kennedy a déclaré publiquement que les États-Unis étaient bien à l’origine de la frappe, qualifiant l’acte de « terrible erreur » non intentionnelle. Nos sources documentaires confirment par ailleurs que l’armée américaine a utilisé des missiles Tomahawk lors de ses premières salves contre l’Iran le 28 février, et qu’une carte du Pentagone incluait la ville de Minab parmi les cibles initiales.
L’événement ravive les tensions au Congrès. Près de la totalité des sénateurs démocrates ont adressé une lettre à Pete Hegseth pour exiger des explications sur les mesures de protection des civils et sur le rôle de l’intelligence artificielle dans la sélection des cibles. Les parlementaires ont également souligné que cette offensive s’inscrit dans le cadre de la guerre américano-israélienne contre l’Iran — un conflit marqué par une escalade militaire régionale continue et mené sans autorisation préalable du Congrès. Selon les responsables iraniens, cette guerre a déjà fait au moins 1 300 morts à ce jour.


