Les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz. Face aux récentes menaces de blocage maritime émanant de Téhéran, le Royaume-Uni a opéré un mouvement stratégique majeur en mer d’Arabie, marquant une nouvelle étape dans l’escalade militaire qui secoue la région.
Un sous-marin à propulsion nucléaire de la Royal Navy s’est positionné dans les eaux profondes du nord de la mer d’Arabie. Selon l’agence de presse Anadolu, qui cite la presse britannique, le HMS Anson a été déployé avec la capacité de lancer des missiles de croisière contre l’Iran en cas d’aggravation du conflit.
Parti du port de Perth en Australie le 6 mars, le bâtiment a parcouru environ 8 800 kilomètres pour atteindre sa position. Il est équipé de torpilles lourdes Spearfish et de missiles Tomahawk Block IV, dotés d’une portée de 1 600 kilomètres. Pour maintenir le contact avec le quartier général militaire britannique permanent (PJHQ) basé à Northwood, le sous-marin remonte à quelques mètres de la surface toutes les 24 heures. Selon les sources militaires, l’ordre de tir éventuel serait donné par le général de corps d’armée Nick Perry, chef des opérations interarmées, sous réserve de l’autorisation du Premier ministre.
Ce déploiement s’accompagne d’un changement de doctrine concernant la coopération avec Washington. Downing Street a indiqué que Keir Starmer a accepté d’autoriser les États-Unis à utiliser les bases britanniques pour lancer des frappes contre des sites iraniens ciblant le détroit d’Ormuz. Cette décision élargit l’autorisation initiale, qui se limitait jusqu’ici à des opérations purement défensives.
La situation s’est brusquement dégradée à la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, survenues malgré les négociations en cours entre Washington et Téhéran. En riposte, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution iraniens, a déclaré le 2 mars que le transit par le détroit d’Ormuz ne serait plus autorisé, avertissant que tout navire tentant de le traverser serait pris pour cible.
Cette zone maritime stratégique voit transiter environ un quart du commerce pétrolier mondial. La déclaration iranienne a immédiatement ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique mondial et provoqué d’importantes turbulences sur les marchés. Face à ce risque, les pays du G7 ont annoncé être prêts à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de l’approvisionnement international.

