L’île de Cuba traverse une crise énergétique sévère, marquée par des effondrements répétés de son réseau électrique. Alors que La Havane dénonce l’impact continu des pressions américaines, le secrétaire d’État américain a formellement rejeté ces accusations, livrant une explication interne sur les causes de cette paralysie.
Lors d’une interview exclusive accordée à Al Jazeera ce lundi, Marco Rubio a affirmé que les États-Unis n’avaient pris aucune mesure « punitive » à l’encontre du gouvernement cubain. Le chef de la diplomatie américaine a imputé les difficultés actuelles au système économique de l’île, le qualifiant de « complètement dysfonctionnel ». Selon lui, la situation humanitaire actuelle précède les récentes actions de l’administration du président Donald Trump dans les Caraïbes.
Marco Rubio a précisé que le seul véritable changement pour La Havane réside dans la fin des livraisons de pétrole vénézuélien gratuit et de ses subventions. Cette rupture fait suite aux pressions exercées par Washington sur le Venezuela après l’enlèvement militaire du dirigeant Nicolas Maduro en janvier dernier. Le diplomate n’a toutefois pas fait mention du décret signé par le président Donald Trump fin janvier, qui menace de sanctions tout pays fournissant du pétrole à Cuba, ni de l’embargo commercial maintenu depuis des décennies par Washington.
Interpellé spécifiquement sur les coupures de courant massives, Marco Rubio a balayé les arguments des responsables cubains. Il a déclaré à Al Jazeera que ces pannes n’ont « rien à voir » avec les États-Unis, soulignant qu’elles se produisaient déjà l’année précédente. Il a attribué ces défaillances en chaîne à l’utilisation d’équipements électriques datant des années 1950, jamais entretenus ni modernisés en raison, selon ses termes, de l’« incompétence » des autorités locales.
Sur le terrain, les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) font état de trois effondrements nationaux du réseau au cours du mois de mars. Plus de 10 millions de personnes se sont retrouvées sans électricité après trois mois consécutifs de pénurie de carburant. Face au risque de pertes humaines évoqué par Francisco Pichon, coordinateur de l’ONU à Cuba, un plan d’urgence de 94,1 millions de dollars a été débloqué la semaine dernière pour maintenir les services essentiels.
De son côté, le président Donald Trump a semblé assouplir sa position dimanche concernant les expéditions de carburant, affirmant n’avoir « aucun problème » si des pays comme la Russie envoyaient du pétrole à Cuba. Il a néanmoins évoqué la possibilité d’une action militaire contre l’île, suscitant une réaction immédiate du président cubain Miguel Diaz-Canel, qui a promis d’opposer une « résistance inexpugnable » à tout agresseur externe.
Enfin, concernant le Venezuela, partenaire historique de La Havane, Marco Rubio a indiqué que la situation évoluait favorablement depuis la mise à l’écart de Nicolas Maduro. Sous la direction de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a procédé à la libération de prisonniers politiques et à l’ouverture de l’industrie pétrolière aux entreprises étrangères, Washington espère voir le pays passer prochainement d’une phase de « stabilisation » à une phase de « relance » économique.


