Le décès survenu samedi à Lyon d’un jeune homme de 23 ans, agressé en marge d’une réunion politique, a déclenché une réaction coordonnée de plusieurs formations de droite en Europe. Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, l’événement a relancé un débat sécuritaire précis concernant la qualification pénale des groupes d’extrême gauche, avec une demande de changement législatif qui s’inspire directement d’un précédent américain.
Alice Weidel, coprésidente du groupe parlementaire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), a officiellement demandé le classement de la mouvance « Antifa » comme organisation terroriste. Réagissant à la mort de Quentin D., décédé des suites d’une agression survenue jeudi lors d’une manifestation contre une réunion de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques, la dirigeante allemande a estimé que ces groupes jouissent d’une « totale impunité dans l’Union européenne ». Pour étayer sa demande, elle s’appuie sur la législation en vigueur outre-Atlantique, où ce classement est effectif.
**Une convergence des demandes entre Paris et Berlin**
Cette position trouve un écho immédiat en France. Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée, a exhorté le gouvernement à appliquer la législation antiterroriste à ce qu’elle qualifie de « milices d’extrême gauche ». Selon la responsable politique, les intentions criminelles manifestées lors de ces affrontements justifient un changement de doctrine judiciaire.
Les faits rapportés par l’agence Anadolu indiquent que la victime participait bénévolement au service d’ordre du collectif identitaire et féministe Némésis. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a confirmé dimanche que le jeune homme avait « manifestement été tué par l’ultragauche », bien qu’aucune confirmation officielle ne permette encore d’incriminer formellement une structure spécifique. Le collectif Némésis a pour sa part mis en cause un membre de la Jeune Garde.
**Le précédent américain de 2025**
La revendication portée par l’AfD et le RN s’appuie sur un cadre juridique spécifique adopté aux États-Unis. Le 23 septembre 2025, le président Donald Trump avait signé un décret qualifiant Antifa d’« organisation terroriste intérieure » suite au meurtre d’un activiste conservateur. Cette décision avait permis au ministère américain de la Justice d’ouvrir des procédures fédérales pour terrorisme, notamment après une tentative d’attaque contre un centre de détention au Texas.
En Europe, seule la Hongrie applique actuellement une qualification similaire. Une tentative de résolution au Parlement européen, initiée en octobre 2025 pour généraliser ce statut, est restée sans portée contraignante.

