Depuis le début des hostilités fin février, le contrôle de l’information militaire est devenu un enjeu central. Dans ce contexte, une directive de l’exécutif américain vient de modifier drastiquement l’accès public et commercial aux données d’observation concernant le Moyen-Orient.
La société américaine Planet Labs a annoncé la suspension pour une durée indéterminée de la diffusion de ses images satellites couvrant l’Iran et la zone de conflit. Selon Al Jazeera, cette décision fait suite à une demande formelle de l’administration du Président Donald Trump, qui a exigé des fournisseurs d’imagerie spatiale une rétention illimitée de leurs visuels dans la région.
Cette mesure s’applique de manière rétroactive aux clichés capturés depuis le 9 mars. Dans un courrier électronique adressé à ses clients, l’entreprise californienne a précisé que cette politique devrait rester en vigueur jusqu’à la fin de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran. Ce blocage total remplace une précédente restriction qui imposait un simple délai de diffusion de 14 jours, lequel succédait déjà à un embargo initial de 96 heures.
L’objectif de cette restriction est d’empêcher l’utilisation de ces données commerciales par des forces adverses pour planifier des attaques contre les installations des États-Unis et de leurs alliés. Planet Labs, fondée en 2010 par d’anciens scientifiques de la NASA, a toutefois prévu un système de distribution contrôlée. La libération d’images se fera désormais exclusivement au cas par cas, pour des besoins critiques liés à des missions spécifiques ou dans un intérêt public avéré.
L’imagerie spatiale est un composant essentiel des opérations militaires modernes, utilisée notamment pour l’identification de cibles, le suivi et le guidage de missiles. Alors que les affrontements s’étendent avec des tirs de drones et de missiles iraniens vers les infrastructures américaines et israéliennes, cette restriction prive également les journalistes et les chercheurs d’une ressource précieuse pour documenter des zones inaccessibles au sol.


