La Direction générale des prisons en Tunisie a formellement démenti, ce mardi, les informations relatives à une grève de la faim observée par plusieurs détenus politiques et à une prétendue dégradation de leur état de santé. Par le biais d’un communiqué, l’administration a critiqué la diffusion de ce qu’elle qualifie de « fausses informations ».
Selon nos informations, l’administration pénitentiaire a dénoncé une campagne de « désinformation systématique » menée par certains acteurs sur les réseaux sociaux et dans les médias. Elle a ainsi réitéré son démenti formel concernant les allégations de détérioration de l’état de santé de certains prisonniers qui auraient cessé de s’alimenter.
L’institution a assuré que « l’état de santé de tous les détenus, y compris ceux qui affirment être en grève de la faim, fait l’objet d’un suivi médical continu, conformément aux procédures et protocoles sanitaires établis ». Le communiqué précise que l’allégation de grève de la faim est considérée comme « infondée », s’appuyant sur des « examens et des témoignages documentés » qui prouveraient le contraire. Il est également fait état du refus de certains détenus de se soumettre aux examens médicaux pour la prise de leurs constantes vitales, tandis que d’autres auraient consommé des aliments et des boissons.
L’administration a également mentionné le cas d’une personne impliquée, dont le nom n’a pas été divulgué, qui a été transférée dans un hôpital public. Selon l’agence Anadolu, cette personne aurait refusé de se soumettre à des examens, mais les médecins de santé publique auraient confirmé son bon état de santé. Des poursuites judiciaires ont été engagées « contre toutes les personnes ayant délibérément diffusé de fausses informations ».
Ces informations de grève de la faim concernent plusieurs figures de l’opposition, dont Jawhar Ben Mbarek, Rached Ghannouchi, ancien président du Parlement, Abdelhamid Jelassi, Issam Chebbi et Ridha Belhaj. Ces personnalités sont détenues dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État », qui a débuté en février 2023 et a conduit à l’arrestation de plusieurs opposants, avocats et militants.

