En déplacement à New Delhi pour sa quatrième visite officielle, le chef de l’État français a profité d’un échange avec le monde universitaire pour aborder les défis technologiques actuels. Face à des chercheurs et des étudiants indiens, Emmanuel Macron a livré une analyse critique de l’impact des outils numériques sur le débat public, tenant des propos sur la liberté d’expression qui ont immédiatement déclenché de vives réactions au sein de la classe politique et de la sphère militante.
L’intervention s’inscrivait initialement dans une discussion sur l’avenir de la coopération franco-indienne et l’usage de l’intelligence artificielle par la jeunesse. Abordant l’expérience des utilisateurs sur les réseaux sociaux, le président français a pointé du doigt ce qu’il considère comme des « dérives préoccupantes ». Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Emmanuel Macron a remis en question la conception actuelle de la libre parole en ligne lorsqu’elle est dépourvue de régulation.
« La liberté d’expression, c’est du grand n’importe quoi si personne ne sait comment on est guidé à travers cette soi-disant liberté d’expression », a déclaré le locataire de l’Élysée. Pour étayer son propos, il a souligné les dangers du passage rapide « d’un discours haineux à un autre », qualifiant la gestion de ces flux d’information de « question d’ordre public ». L’objectif affiché par le président est d’éviter la propagation de discours racistes et haineux, suggérant que la liberté sans cadre algorithmique clair pose problème.
Cette prise de position a rapidement trouvé un écho critique, notamment sur la plateforme X (anciennement Twitter). Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat déclaré à la présidentielle de 2027, a vivement contesté cette vision. Il estime que « sous couvert de modération », le chef de l’État « rêve d’abroger la liberté d’expression », l’accusant de vouloir « abîmer la démocratie ».
Au-delà de l’opposition politique française, la sortie a également fait réagir la militante panafricaniste Nathalie Yamb. Citant l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, elle a tenu à rappeler le principe juridique selon lequel « toute personne a droit à la liberté d’expression », opposant ainsi le droit fondamental aux réserves émises par le président français.

