L’Assemblée générale des Nations unies a servi de tribune, ce lundi, pour alerter sur la recrudescence globale des actes antimusulmans. À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, l’envoyé de la Türkiye, s’exprimant également au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), a exposé les mécanismes qui aggravent et banalisent ce phénomène à travers le monde.
Selon l’agence Anadolu, Ahmet Yildiz a décrit l’islamophobie comme une « peste incontrôlée » qui empoisonne toutes les strates de la société. Le diplomate a précisé que ces actes ne relèvent en rien d’une critique légitime ou d’un débat intellectuel, mais constituent une expression directe de préjugés et de discrimination violant la dignité humaine, les valeurs démocratiques et la cohésion sociale.
Le représentant turc a établi un lien direct entre la flambée de la rhétorique antimusulmane et les crises internationales actuelles, en citant spécifiquement la situation dans la bande de Gaza. Ces tensions régionales, a-t-il souligné, favorisent l’émergence de discours présentant les musulmans comme des menaces sécuritaires ou culturelles, contribuant à leur déshumanisation dans l’espace public.
Au-delà du constat, Ahmet Yildiz a mis en lumière un obstacle administratif et judiciaire majeur dans le traitement de ces agressions. Il a relevé qu’une part significative des crimes de haine n’apparaît pas dans les registres officiels, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Cette invisibilité s’explique par le fait que ces attaques sont fréquemment classées comme des actes criminels ordinaires, effaçant ainsi leur dimension discriminatoire et faussant l’évaluation réelle du phénomène.
Face à ce biais de qualification, l’envoyé a exhorté les États à adopter des mesures spécifiques pour garantir que les auteurs répondent de leurs actes sous le chef d’inculpation approprié. Il a par ailleurs élargi son propos en condamnant fermement la montée de l’antisémitisme, rappelant que toute forme de haine dirigée contre une communauté religieuse doit être rejetée avec la même fermeté.

