L’équipe nationale féminine de football d’Iran a achevé son parcours à la Coupe d’Asie organisée en Australie. Au-delà de l’élimination sportive de la sélection, c’est la situation extra-sportive des joueuses qui mobilise actuellement les défenseurs des droits humains sur le sol australien, sur fond de crise ouverte au Moyen-Orient.
Une pétition ayant recueilli plus de 51 000 signatures a été soumise au ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke. Le document réclame que l’Australie accorde un refuge aux joueuses iraniennes et empêche leur retour au pays, invoquant des craintes crédibles pour leur sécurité. Les initiateurs de la démarche demandent aux autorités locales de garantir une protection humanitaire à toute sportive risquant des persécutions ou des emprisonnements.
L’origine de cette mobilisation remonte au premier match de la compétition contre la Corée du Sud. Les joueuses iraniennes avaient alors choisi de garder le silence au moment de l’hymne national. La chaîne Al Jazeera précise que cette décision a déclenché de vives critiques en Iran. Sur la télévision d’État, un présentateur a accusé l’équipe de manquer de patriotisme, qualifiant les joueuses de « traîtresses en temps de guerre » et décrivant leur attitude comme le « sommet du déshonneur ».
Si l’équipe a finalement chanté l’hymne lors de ses rencontres suivantes, notamment avant sa défaite (2-0) contre les Philippines dimanche, les militants australiens redoutent que ce revirement ait été imposé sous la contrainte par des officiels gouvernementaux accompagnant la délégation. L’activiste irano-australienne Tina Kordrostami a publiquement plaidé pour que les joueuses bénéficient d’un espace sécurisé afin d’exprimer leurs besoins sans interférence.
Ce climat de suspicion s’inscrit dans un contexte géopolitique hautement volatil, marqué par l’escalade des tensions et des frappes militaires dans la région, menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a réagi à la situation en soulignant la solidarité exprimée par le public et les joueuses australiennes, tout en rappelant la nature répressive du régime de Téhéran envers les femmes. Le syndicat international des footballeurs professionnels (FIFPRO) avait, de son côté, interpellé la Confédération asiatique de football et la FIFA pour qu’elles assument leurs obligations en matière de droits humains et garantissent la sécurité de la délégation.
Sur le plan purement sportif, la sélection iranienne quitte le tournoi à la dernière place du groupe A. L’équipe a concédé trois défaites face à la Corée du Sud (3-0), l’Australie (4-0) et les Philippines (2-0), sans inscrire le moindre but.


