L’affaire visant le riad Maison Nalos à Marrakech, au Maroc, prend une nouvelle dimension légale. Quelques semaines après les premières révélations de Sandrine Yapi, ancienne employée de l’établissement, une seconde nourrice a décidé de quitter son poste et de formaliser ses accusations contre la propriétaire, Colline Euchin.
Selon les informations relayées par IGFM, cette nouvelle plaignante s’est présentée le 26 mars 2026 devant un officier ministériel assermenté près la cour d’appel de Marrakech. Assistée d’une traductrice agréée par le ministère de la Justice, elle a fait consigner ses déclarations dans un constat officiel, dotant ainsi son témoignage d’une valeur probatoire devant les juridictions compétentes.
Le document détaille des conditions de travail s’apparentant à une exploitation sévère. La plaignante fait état de journées de présence avoisinant les vingt heures, passées enfermée dans l’appartement sans jour de repos ni liberté de mouvement. À l’instar de la précédente employée, elle précise avoir exercé sans contrat et affirme que son dernier salaire ne lui a pas été versé à la suite de sa démission.
Toutefois, le déclencheur de cette démarche légale dépasse le strict cadre de ses conditions salariales. La nourrice a expliqué avoir agi principalement en raison de la situation du fils de son employeur, âgé de quatre ans. Elle rapporte que Colline Euchin s’absentait régulièrement jusqu’aux premières heures du matin, voire des week-ends entiers, demeurant injoignable. L’enfant était alors laissé sous la seule responsabilité de l’employée, contrainte de veiller sur lui à distance via une caméra installée dans sa chambre. Ces absences répétées ont d’ailleurs conduit la directrice de l’école à signaler huit jours d’absence en quatre mois, personne n’étant présent pour préparer l’enfant le matin.
Face à la récurrence de ce schéma impliquant isolement, surcharge horaire et absence de rémunération, les anciennes employées s’organisent. Nos sources indiquent qu’elles ont pris la décision de s’unir pour engager des poursuites collectives devant les juridictions au Maroc et en France. Depuis la Côte d’Ivoire, où elle est retournée, Sandrine Yapi a confirmé sa disposition à témoigner. À ce stade de la procédure, la propriétaire du riad n’a pas encore réagi publiquement à ces nouveaux éléments.


