L’Armée américaine modifie son approche défensive au Moyen-Orient face à la multiplication des frappes de représailles iraniennes. Après plusieurs incidents meurtriers ayant mis en évidence les limites et le coût exorbitant des systèmes d’interception traditionnels, le Pentagone a procédé à un ajustement majeur de son arsenal dans la région.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les États-Unis ont acheminé 10 000 drones intercepteurs dotés d’intelligence artificielle vers le Moyen-Orient. Le secrétaire à l’Armée, Dan Driscoll, a précisé que ce déploiement massif de drones de type Merops est intervenu cinq jours après une attaque surprise menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran, le 28 février dernier.
Ce changement de stratégie répond à un impératif économique direct. Jusqu’à présent, les forces américaines utilisaient des missiles valant plusieurs millions de dollars pour abattre des munitions iraniennes relativement bon marché. Un drone Merops coûte entre 14 000 et 15 000 dollars, un prix unitaire qui pourrait descendre entre 3 000 et 5 000 dollars en cas d’achat en grande quantité. En comparaison, le coût de production d’un drone iranien Shahed est évalué entre 10 000 et 50 000 dollars. Dan Driscoll a souligné que cette nouvelle équation financière pénalise désormais l’Iran à chaque interception.
La nécessité de renforcer le bouclier anti-aérien américain fait suite à des failles ayant entraîné des pertes humaines. Le 1er mars, un drone attribué à l’Iran a réussi à déjouer les défenses américaines pour frapper un poste militaire au Koweït, causant la mort de six soldats américains. Pour densifier cette protection, l’Armée américaine s’appuie également sur des drones Bumblebee, chargés d’explosifs et conçus pour percuter les appareils ennemis en vol.
Les drones Merops, initialement envoyés en Ukraine en 2024, sont issus du projet de défense « Project Eagle », soutenu par le directeur général de Google, Eric Schmidt. Fort de l’expérience de ses troupes face aux drones d’origine iranienne utilisés par la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a d’ailleurs proposé d’envoyer des conseillers pour assister les forces américaines.
Une proposition formellement rejetée par le président américain Donald Trump. Lors d’une intervention sur la chaîne Fox News, ce dernier a décliné l’offre ukrainienne en affirmant que les États-Unis disposent des meilleurs équipements au monde et n’ont besoin d’aucune assistance extérieure pour assurer leur défense anti-drones.

