La progression des forces israéliennes dans le sud du Liban s’accompagne d’une stratégie de morcellement territorial. Alors que l’offensive terrestre et aérienne s’intensifie, les autorités militaires ciblent de plus en plus les axes routiers et les réseaux de distribution, menaçant directement la liberté de mouvement et l’accès aux services de base pour des milliers de civils.
Dans une communication officielle diffusée ce vendredi, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a annoncé l’intention de ses troupes de bombarder les ponts de Sohmor et Mashghara, situés sur le fleuve Litani, dans l’ouest de la vallée de la Bekaa. L’armée justifie cette décision en affirmant que ces infrastructures sont utilisées par le groupe armé Hezbollah.
Cette destruction programmée aurait des conséquences immédiates sur la logistique de la région. Comme l’explique le correspondant d’Al Jazeera sur place, Obaida Hitto, ces deux ponts constituent les artères principales reliant l’ouest de la Bekaa au reste du Liban. Leur effondrement isolerait la zone, rendant extrêmement difficile l’acheminement des marchandises et le déplacement des populations vers le carrefour de Chtoura, où se concentrent les hôpitaux et les services publics. Depuis le début de cette phase intensive du conflit, au moins six autres ponts enjambant le Litani ont déjà été détruits par l’aviation israélienne.
La pression sur les infrastructures civiles s’étend également au réseau d’approvisionnement en eau. L’Office des eaux du Liban-Sud a signalé vendredi que des frappes avaient gravement endommagé ses installations à Ibl al-Saqi et al-Maysat, touchant notamment les systèmes d’alimentation par énergie solaire. L’autorité publique a qualifié ces actes de violation des conventions internationales garantissant la neutralité des services de base.
Sur le plan humain, le bilan continue de s’alourdir. L’Agence nationale de l’information (NNA) du Liban a recensé quatre décès supplémentaires ce vendredi, dont deux personnes visées à la sortie d’une mosquée dans la localité de Sahmar. Selon les données officielles du ministère libanais de la Santé publique, la campagne militaire israélienne a fait au moins 1 345 morts et plus de 4 000 blessés à travers le pays, forçant plus de 1,2 million de personnes à fuir leur domicile.
La zone frontalière reste le théâtre d’échanges de tirs qui n’épargnent pas les forces d’interposition. Kandice Ardiel, porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), a confirmé vendredi que trois Casques bleus avaient été blessés, dont deux grièvement, par une explosion survenue près de leur position à al-Adaissah. Les soldats ont été évacués vers une structure hospitalière, tandis que l’origine exacte de la détonation n’a pas encore été formellement identifiée par les équipes de l’ONU.


