Le gouvernement du Bahreïn a récemment communiqué sur un incident impliquant un drone iranien au-dessus de sa capitale, Manama. Cette nouvelle version officielle présente toutefois une divergence majeure avec les éléments factuels avancés par l’armée américaine concernant le même événement.
Un porte-parole du gouvernement bahreïni a déclaré samedi qu’un système de défense antiaérienne Patriot avait intercepté un drone iranien au-dessus d’un quartier résidentiel le 9 mars dernier. Selon cette déclaration, l’interception aurait permis d’éviter une frappe directe et de sauver des vies.
Ce récit s’oppose à la description faite par le Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Selon les informations relayées par Al Jazeera, le CENTCOM avait indiqué le jour de l’incident qu’un drone iranien avait effectivement frappé un quartier résidentiel au Bahreïn, blessant 32 civils, dont des enfants nécessitant des soins médicaux. L’armée américaine avait alors qualifié de « mensonge » les publications affirmant qu’un missile Patriot avait manqué sa cible, pointant du doigt des médias russes et iraniens.
La récente sortie du gouvernement bahreïni contraste également avec les communications antérieures de ses propres services. Le 9 mars, le ministère de l’Intérieur du Bahreïn avait confirmé sur le réseau social X la mort d’une femme de 29 ans et fait état de huit blessés à la suite d’un impact sur un bâtiment résidentiel de Manama, dénonçant alors une « agression iranienne ».
Ces événements s’inscrivent dans une vague de frappes iraniennes à travers le Golfe, déclenchée à la suite d’une attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran entamée le 28 février. La Force de défense du Bahreïn a précisé avoir intercepté et détruit 102 missiles et 171 drones depuis cette date. Ces tensions régionales ont causé la mort d’environ 1 400 personnes en Iran et plus d’un millier au Liban.
Notre rédaction rappelle que le Bahreïn, qui abrite la Cinquième flotte de la marine américaine et le Commandement central des forces navales, constitue une position stratégique majeure dans la région. À ce stade, les autorités bahreïnies n’ont pas expliqué l’écart entre leur communication actuelle et les déclarations militaires américaines du mois de mars. Al Jazeera a sollicité le CENTCOM pour obtenir des précisions sur ces divergences.


