L’ombre de l’affaire Jeffrey Epstein continue de s’étendre sur la classe politique britannique, atteignant désormais les plus hautes sphères de la Chambre des Lords. Alors que les ramifications financières du scandale avaient déjà été évoquées par le passé, la mise au jour récente de correspondances impliquant la transmission de données gouvernementales a conduit le Premier ministre à adopter une position radicale concernant l’avenir institutionnel d’une figure historique du Parti travailliste.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Keir Starmer a officiellement exprimé son souhait de voir Peter Mandelson, ancien ministre et actuel membre de la Chambre des Lords, quitter ses fonctions parlementaires. Cette prise de position intervient à la suite de la publication, vendredi dernier aux États-Unis, de courriels révélant que Lord Mandelson avait communiqué des informations internes du gouvernement à Jeffrey Epstein en 2009, époque où il occupait le poste de secrétaire d’État au Commerce.
Un porte-parole du gouvernement a confirmé la position du Premier ministre, précisant que ce dernier estime que l’ancien ambassadeur « ne devrait pas être membre de la Chambre des Lords ». Si l’exécutif reconnaît que l’exclusion par voie législative demeure une procédure complexe, la rupture politique est consommée. Keir Starmer a par ailleurs ordonné au secrétaire du Cabinet de procéder à un réexamen urgent de l’ensemble des éléments disponibles concernant les interactions passées entre l’homme politique et le défunt délinquant sexuel.
Face à la pression croissante et à la divulgation de ces nouveaux documents, Peter Mandelson a annoncé dimanche sa démission du Parti travailliste. Dans une correspondance adressée à la secrétaire générale du parti, Hollie Ridley, l’intéressé a justifié sa décision par la volonté de ne pas « causer davantage d’embarras » à sa formation politique pendant qu’il effectue ses propres vérifications. Il conteste toutefois fermement les accusations concernant des versements financiers, qualifiant de « fausses » les allégations selon lesquelles il aurait perçu de l’argent d’Epstein il y a vingt ans.
Ce n’est pas la première fois que les liens entre Lord Mandelson et Jeffrey Epstein entravent la carrière du diplomate. En septembre dernier, Keir Starmer avait déjà écarté sa candidature au poste d’ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis. Cette décision faisait suite à l’apparition de documents suggérant l’existence de trois paiements distincts totalisant 75 000 dollars, effectués entre 2003 et 2004 vers des comptes liés à l’ancien ministre.

