La campagne de bombardements menée par les forces américaines et israéliennes sur le territoire iranien a franchi un nouveau cap ce mardi. Alors que les raids s’intensifient dans plusieurs provinces stratégiques, une frappe ciblée au cœur de la capitale a touché une infrastructure civile majeure, suscitant de vives réactions au sein de l’appareil d’État.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, les frappes ont détruit l’une des plus grandes entreprises pharmaceutiques d’Iran, située à Téhéran. Le gouvernement iranien a précisé que le site abritait les lignes de production de la Tofigh Daru Research and Engineering Company, une entité d’État spécialisée dans la fabrication d’anesthésiants et de traitements anticancéreux. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Javad Zarif, a dénoncé une attaque délibérée contre une installation médicale.
L’offensive s’est également étendue à d’autres régions. À Zanjan, dans le nord-ouest du pays, un site religieux chiite jouxtant une mosquée a été touché, nécessitant l’intervention du Croissant-Rouge iranien pour extraire deux personnes des décombres. Dans la province de Kermanshah, à la frontière irakienne, un raid sur une entreprise de sous-traitance civile a fait un mort et huit blessés. La région d’Ispahan, pôle central de l’industrie de défense et des installations nucléaires iraniennes, a également essuyé de lourds bombardements ciblant des bases militaires.
Face à cette intensification, des manifestations ont éclaté à Téhéran pour protester contre la poursuite des opérations militaires. Sur le plan diplomatique, les négociations demeurent dans l’impasse. Le président américain Donald Trump a récemment soumis un plan en 15 points, une proposition qualifiée de « maximaliste et déraisonnable » par les autorités iraniennes. Depuis le début de cette offensive conjointe le 28 février, le bilan s’établit à 1 937 morts en Iran et 20 en Israël, où plusieurs missiles ont été interceptés au-dessus de Tel-Aviv par les systèmes Dôme de fer et Fronde de David.
En riposte, le Corps des gardiens de la révolution islamique a revendiqué des tirs de missiles balistiques contre un porte-conteneurs israélien dans le Golfe et des attaques de drones visant des Marines américains sur la côte des Émirats arabes unis, où des interceptions régulières sont documentées depuis plusieurs mois. Du côté de Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré à Al Jazeera que les communications avec Téhéran se poursuivaient via des intermédiaires, tandis que le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a évoqué des progrès dans les pourparlers visant à mettre fin au conflit.


