Les répercussions de la guerre civile soudanaise continuent de peser sur la stabilité régionale. Face à un débordement direct des violences sur son propre territoire, le gouvernement tchadien vient de réagir par une décision sécuritaire majeure.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, N’Djamena a officiellement fermé sa frontière orientale avec le Soudan. Cette mesure fait suite à des affrontements meurtriers survenus samedi dans la ville frontalière de Tina. Le bilan de ces violences s’élève à cinq soldats tchadiens et trois civils tués, ainsi que douze blessés.
Les combats en question ont impliqué les Forces de soutien rapide (FSR) et des miliciens fidèles au gouvernement soudanais. Face à cette incursion, les autorités tchadiennes ont indiqué lundi que la frontière resterait fermée jusqu’à nouvel ordre, invoquant des « incursions répétées et des violations commises par les forces impliquées dans le conflit au Soudan ».
Dans un communiqué officiel, le gouvernement précise que cette démarche « vise à prévenir tout risque de propagation du conflit sur notre sol, à protéger nos concitoyens et les populations réfugiées, et à garantir la stabilité et l’intégrité territoriale de notre pays ». Le ministère a toutefois souligné que des dérogations pourraient être accordées pour des raisons strictement humanitaires, sous réserve d’une approbation préalable.
Pour sécuriser la zone, des troupes tchadiennes supplémentaires sont actuellement en cours de déploiement. Un officier des gardes-frontières basé à Tina a confirmé la nécessité de ces renforts pour assurer la protection des civils du côté tchadien. Cette escalade intervient dans un contexte de forte pression démographique, le Tchad accueillant aujourd’hui près d’un million de réfugiés fuyant les combats de l’autre côté de la frontière.
Déclenché en avril 2023, le conflit opposant les Forces armées soudanaises (FAS) du général Abdel Fattah al-Burhan aux FSR de Mohamed Hamdan Dagalo a déjà dévasté le pays voisin. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le bilan dépasse les 40 000 victimes depuis le début des hostilités, tandis que 11 millions de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, engendrant l’une des pires crises humanitaires au monde selon les Nations Unies.


