La sortie de l’autobiographie d’Hervé Renard, intitulée « Moi, le foot, l’Afrique », offre un nouvel éclairage sur la période de transition ayant suivi le départ d’Aliou Cissé. Alors que le nom du technicien français revenait avec insistance pour prendre les commandes de l’équipe nationale du Sénégal, ce dernier a finalement décliné l’opportunité. Les raisons de ce refus, longtemps restées dans le domaine de la spéculation, relèvent d’une sphère strictement privée.
Sollicité par la Fédération au moment où il quittait ses fonctions de sélectionneur de l’équipe de France féminine, Hervé Renard a confirmé l’existence de contacts concrets. Cependant, l’ancien coach de la Zambie et de la Côte d’Ivoire a choisi de ne pas donner suite, influencé par une discussion décisive au sein de son propre foyer. Comme relayé par nos confrères d’IGFM, c’est lors d’un entretien accordé à RFI que l’actuel entraîneur de l’Arabie saoudite a levé le voile sur cet épisode.
L’opposition est venue de son épouse, de nationalité sénégalaise. « C’est ma femme qui m’a dit “faut pas y aller maintenant” », a-t-il confié, précisant avec le sourire l’origine de cette réticence. Cette mise en garde, survenue dans un contexte de succession délicate après le long mandat d’Aliou Cissé, a pesé lourd dans la balance. Hervé Renard a ainsi préféré écouter ce conseil plutôt que de s’engager dans ce qu’il qualifie lui-même de mariage pour lequel « les conditions n’étaient pas réunies ».
Cette décision a finalement ouvert la voie à Pape Thiaw. L’intérim de ce dernier s’est transformé en réussite majeure, concrétisée par le sacre continental des Lions le 18 janvier dernier, offrant au Sénégal sa deuxième étoile quatre ans après la première. Une mission périlleuse que le technicien sénégalais a su mener à bien là où d’autres auraient pu hésiter.
Malgré ce rendez-vous manqué, Hervé Renard n’exclut pas de diriger un jour les Lions de la Téranga. Propriétaire d’une résidence au Sénégal, il maintient un lien fort avec le pays. « J’irai un jour si déjà on m’appelle », a-t-il assuré, posant toutefois une condition sine qua non : disposer d’une équipe « très très compétitive ». Pour le double champion d’Afrique, l’ambition de diriger les meilleures formations du continent reste intacte.


