Lors de sa première intervention médiatique depuis sa nomination, la nouvelle ministre française de la Culture a tenu à clarifier ses positions sur plusieurs dossiers institutionnels et politiques. Entre la condamnation de propos tenus sur un plateau de télévision et l’annonce d’une révision stratégique pour l’un des monuments les plus célèbres du pays, Catherine Pégard a défini les priorités de son action gouvernementale.
Invitée sur les ondes de France Inter lundi, la ministre est d’abord revenue sur la séquence médiatique visant Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis. Selon l’agence Anadolu, Catherine Pégard a fermement dénoncé des « attaques ignobles » et « inadmissibles » diffusées sur la chaîne CNews à l’encontre de l’élu. Sans qualifier directement le média d’extrême droite, elle a rappelé que la liberté d’expression ne saurait s’affranchir « des règles du droit, de la civilité et de la courtoisie ». Une position appuyée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui s’est dit « très choqué » par les propos tenus à l’antenne. De son côté, le maire de Saint-Denis avait préalablement regretté l’absence de réaction immédiate au plus haut sommet de l’État.
Ce rappel à l’ordre s’est également étendu au climat politique général, particulièrement au sein de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. La ministre a déploré des débats où « les bornes sont dépassées », soulignant que les invectives ne font pas avancer le processus démocratique. Succédant à Rachida Dati à la fin du mois de février, elle a tenu à marquer sa différence tout en confirmant le maintien du projet de réforme visant à regrouper l’audiovisuel public français autour d’une holding.
Sur le volet patrimonial, Catherine Pégard a officialisé une inflexion majeure concernant le plan de rénovation du musée du Louvre, un chantier colossal évalué à plus d’un milliard d’euros. Le projet « Louvre Nouvelle Renaissance », initialement annoncé pour 2025 par Emmanuel Macron, va être réaménagé. L’objectif de cette révision est d’y intégrer des mesures de sûreté renforcées, une décision directement motivée par le cambriolage survenu dans l’enceinte du musée en octobre dernier.
Ce programme, qui inclut la modernisation des bâtiments historiques et la création d’un nouvel espace dédié à la Joconde, conservera son ambition globale malgré un retard pris en février dans la désignation des architectes. La ministre a toutefois précisé que la mise en œuvre de ces chantiers devra s’inscrire dans un cadre financier restreint. Le budget alloué à la Culture en France subit cette année une coupe de 173,4 millions d’euros, bien que Catherine Pégard ait affiché sa volonté de sanctuariser les crédits pour l’horizon 2027.

