L’étau se resserre autour de l’ancien prince Andrew Mountbatten-Windsor au Royaume-Uni. Après son interpellation dans le cadre de l’enquête liée à Jeffrey Epstein, les répercussions atteignent désormais le sommet de l’État britannique, où une décision politique majeure est actuellement à l’étude.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le gouvernement britannique envisage d’introduire une nouvelle législation visant à retirer l’ancien prince de l’ordre de succession au trône. Actuellement huitième dans la ligne successorale, il pourrait perdre cette position une fois les investigations policières officiellement terminées.
Cette éventualité législative intervient dans un contexte judiciaire particulièrement actif. Arrêté jeudi dernier, jour de son 66e anniversaire, pour des soupçons de faute dans l’exercice d’une fonction publique, l’ancien prince a été placé en garde à vue pendant 11 heures avant d’être relâché sous le régime de l’enquête. Les autorités britanniques cherchent notamment à déterminer s’il a partagé des informations confidentielles avec le financier américain, condamné pour délinquance sexuelle, durant son mandat d’émissaire commercial du Royaume-Uni entre 2001 et 2011.
La police londonienne a par ailleurs intensifié ses recherches. Des perquisitions ont été menées dans son ancienne résidence, et les enquêteurs s’emploient à contacter les anciens membres de sa garde rapprochée. L’objectif de ces auditions est de recueillir d’éventuels témoignages sur des faits observés durant leur période de service.
Du côté de la famille royale, le roi Charles III a déjà retiré à son frère cadet ses titres et l’a sommé de quitter le Royal Lodge, sa résidence située à Windsor. Le souverain a publiquement indiqué que la loi devait suivre son cours et a affiché son soutien aux forces de l’ordre. Une position en phase avec l’opinion publique locale : un récent sondage YouGov indique que 82 % des personnes interrogées sont favorables à l’exclusion d’Andrew Mountbatten-Windsor de l’ordre de succession.
Pour rappel, l’ancien prince a toujours nié les allégations portées contre lui. En 2022, il avait conclu un accord à l’amiable, estimé à 12 millions de livres sterling, avec Virginia Giuffre devant la justice américaine. Cette dernière, décédée l’an dernier, l’accusait d’agressions sexuelles alors qu’elle était mineure, dans des propriétés liées à Jeffrey Epstein, lui-même mort en détention à New York en 2019.


