L’escalade des tensions au Moyen-Orient pousse les autorités monétaires à anticiper d’éventuelles secousses économiques. Aux Émirats arabes unis, la Banque centrale (CBUAE) vient d’approuver un dispositif préventif destiné à préserver la stabilité de son secteur financier face aux incertitudes régionales.
Selon l’agence Anadolu, ce « paquet de résilience », validé ce mardi par le conseil d’administration de l’institution, offre aux banques émiraties une marge de manœuvre élargie. Le régulateur justifie cette initiative par le contexte actuel, qualifié de « circonstances mondiales et régionales exceptionnelles ».
Concrètement, les établissements de crédit bénéficient désormais d’un accès accru à la liquidité. Ils ont la possibilité de mobiliser jusqu’à 30 % de leurs exigences de réserves obligatoires. Le plan inclut également des facilités de liquidité à terme en dirhams et en dollars américains, un allègement temporaire des ratios de financement stable, ainsi que la libération temporaire des coussins de conservation des fonds propres.
Cette flexibilité vise à garantir la continuité de l’octroi de crédits à l’économie locale, alors que les risques liés au conflit s’intensifient. Lundi, des analystes de S&P Global Ratings ont estimé qu’une aggravation de la guerre pourrait entraîner des sorties de dépôts domestiques allant jusqu’à 307 milliards de dollars pour les banques de la région du Golfe. L’agence de notation a toutefois précisé qu’aucun retrait significatif de financements n’a été observé à ce stade.
Pour soutenir ce dispositif, la CBUAE s’appuie sur des réserves de change dépassant les 1 000 milliards de dirhams, soit plus de 272 milliards de dollars. L’institution monétaire assure que les conditions de liquidité du secteur restent solides. La liquidité totale détenue par les banques auprès de la banque centrale, combinée à leurs actifs éligibles nets, s’élève à près de 250 milliards de dollars, dont plus de 109 milliards de dollars de réserves pures.

