Un vaste coup de filet mené dans les quartiers nord de Marseille a abouti à la mise en examen de dix-huit personnes. Cette opération marque l’aboutissement de deux années d’investigations ciblant un réseau de trafic de stupéfiants aux ramifications étendues dans le sud de la France.
Menée spécifiquement dans la cité des Oliviers, située dans le 13e arrondissement de la ville, l’intervention a été coordonnée par un magistrat rattaché à l’Office antistupéfiants (Ofast). À l’issue des interpellations, neuf des individus mis en examen ont été placés en détention provisoire. L’agence Anadolu, s’appuyant sur les données du parquet, indique que l’organisation ne se limitait pas à Marseille, mais approvisionnait également plusieurs points de vente dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes.
Les investigations ont mis en lumière une organisation financière d’une grande envergure. Les enquêteurs évaluent les revenus générés par ces points de deal à 16,5 millions d’euros par an, ce qui représente plus de 45 000 euros de recettes journalières. Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a détaillé l’ampleur du réseau, décrit comme une structure très organisée et cloisonnée. Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont saisi 13 000 euros en numéraire, 12,1 kilos de résine de cannabis et 410 grammes de cocaïne. L’arsenal confisqué comprend également deux armes de poing traditionnelles ainsi que des armes fabriquées par impression 3D.
Cette offensive judiciaire s’inscrit dans une dynamique continue de répression du narcobanditisme dans la région. Les autorités rappellent l’opération « Octopus », menée le 10 mars dernier par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) contre le groupe criminel DZ Mafia, qui avait nécessité le déploiement de 900 gendarmes et conduit à 26 mises en examen. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jacques Witkowski, précise par ailleurs que le dispositif quotidien de lutte contre les points de deal mobilise jusqu’à 300 policiers à Marseille. Récemment, une action coordonnée sur quinze sites distincts s’est soldée par 148 interpellations et la verbalisation de 135 usagers.

