Une rupture majeure vient de marquer le fonctionnement des institutions judiciaires sénégalaises. Pour la première fois, la cérémonie solennelle de rentrée judiciaire a quitté la capitale pour se tenir en région, actant une volonté de rapprocher l’institution de ses justiciables.
C’est le Palais de Justice de Saint-Louis qui a été choisi pour abriter cet événement inédit, le vendredi 20 février 2026. Présidée par la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, cette audience solennelle concerne le ressort de la Cour d’appel locale. Tel que souligné par le quotidien d’information Sud Quotidien, cette juridiction couvre un vaste périmètre incluant les régions administratives de Saint-Louis, Louga et Matam, ce qui représente 37,5 % de la superficie du territoire national.
Cette initiative de décentralisation, portée par l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), s’est articulée autour d’un enjeu technique central : « La modernisation du service public de la justice à l’ère du numérique ». Devant un parterre d’acteurs judiciaires, économiques, sociaux et religieux, les échanges ont mis en évidence l’obligation d’intégrer les outils digitaux dans les procédures, tout en garantissant la sécurité des données personnelles.
Lors de son intervention, la Garde des Sceaux a rappelé que le numérique constitue désormais un instrument incontournable, notamment dans la recherche de la preuve. Elle a toutefois posé comme condition préalable la mise en place de garde-fous stricts pour assurer la protection des citoyens. Yassine Fall a profité de cette tribune pour souligner les avancées de son département, affirmant que le ministère de la Justice figure parmi les institutions les plus en pointe dans l’effort de digitalisation des services publics.
Dans le sillage de cette rentrée décentralisée, la tutelle a annoncé le lancement imminent de nouvelles initiatives nationales visant à améliorer concrètement l’accès aux services judiciaires, avec une application directe pour les populations du ressort de Saint-Louis.


