Les relations bilatérales entre Paris et Bangui, marquées par un net refroidissement ces dernières années, entament une nouvelle dynamique. Face à l’évolution géopolitique en Afrique centrale et à l’influence croissante de nouveaux partenaires stratégiques, la diplomatie française déploie une initiative de haut niveau pour renouer le dialogue matériel avec les autorités centrafricaines.
Selon l’agence Anadolu, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a entamé ce jeudi une visite officielle de deux jours en République centrafricaine. Ce déplacement marque la première visite d’un chef de la diplomatie française dans le pays depuis celle de Jean-Yves Le Drian en novembre 2018. L’agenda communiqué par le ministère français des Affaires étrangères prévoit une rencontre au sommet avec le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, programmée pour ce vendredi à Bangui.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des discussions initiées en avril 2024 entre Emmanuel Macron et son homologue centrafricain. Notre rédaction note que le programme du ministre français inclut également des séances de travail avec le Premier ministre Félix Moloua et la ministre des Affaires étrangères Sylvie Baïpo-Temon. Sur le plan sécuritaire, Jean-Noël Barrot se rendra auprès de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaines (EUTM RCA) ainsi qu’au siège de la mission de maintien de la paix de l’ONU (MINUSCA).
Le calendrier de cette visite s’articule autour de plusieurs événements politiques récents. Elle intervient alors que le président Touadéra, réélu en janvier dernier pour un troisième mandat avec 77,9 % des voix suite à une modification constitutionnelle, vient de conclure un séjour d’une semaine à Moscou où il s’est entretenu avec Vladimir Poutine. La présence de la Russie, notamment à travers des paramilitaires liés au Groupe Wagner opérant dans les secteurs minier et forestier, a fortement contribué à la redéfinition des équilibres dans le pays, au détriment de l’influence historique de la France.
Enfin, nos sources soulignent que l’arrivée de l’émissaire français fait suite à un développement judiciaire notable : la libération d’un travailleur humanitaire français affilié à Médecins Sans Frontières. Arrêté le 4 mars dernier dans le sud du pays, près de la frontière avec la République démocratique du Congo, il avait été accusé par les autorités locales d’activités visant la déstabilisation, avant d’être finalement relâché à la veille de cette visite ministérielle.

