La participation de l’équipe féminine d’Iran à la Coupe d’Asie en Australie a été marquée par de vives tensions extra-sportives. Après un geste de défiance lors de la cérémonie des hymnes nationaux, plusieurs membres de la délégation avaient sollicité une protection internationale par crainte de représailles dans leur pays d’origine.
Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, la situation vient de connaître un tournant. Deux joueuses supplémentaires de la sélection iranienne, accompagnées d’un membre du personnel d’encadrement, ont officiellement retiré leur demande d’asile en Australie.
La télévision d’État iranienne (IRIB) a confirmé ce samedi que ces trois personnes ont renoncé à leur démarche et se dirigent actuellement vers la Malaisie. Une photographie les montrant à l’embarquement a été diffusée par le média officiel pour appuyer cette information.
Ce dossier s’inscrit dans un climat géopolitique particulièrement lourd. Le tournoi, organisé au Gold Coast Stadium dans le Queensland, a débuté au moment où les États-Unis et Israël lançaient une offensive contre l’Iran le 28 février. Ces opérations ont entraîné la mort du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, ainsi que de plusieurs dirigeants et de plus de 170 personnes, majoritairement des écolières. Dans ce contexte d’escalade régionale, marqué par de récentes frappes iraniennes sur les pays du Golfe, l’équipe nationale avait refusé de chanter l’hymne lors de son premier match.
Suite à ce refus, un présentateur de l’IRIB les avait qualifiées de « traîtresses », affirmant que leurs actes représentaient le « sommet du déshonneur » et exigeant des sanctions sévères. Face à ces déclarations devenues virales et aux informations des médias australiens indiquant que les joueuses étaient surveillées par des officiels iraniens, la FIFPRO, l’organisation mondiale représentant les footballeurs professionnels, avait exhorté la FIFA et la Confédération asiatique (AFC) à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité.
Inquiètes, cinq joueuses, dont la capitaine Zahra Ghanbari, avaient initialement quitté leur hôtel de nuit pour demander l’asile en Australie. Une sixième joueuse et un membre du staff avaient fait de même avant le départ de l’équipe de Sydney en début de semaine.
Cependant, les désistements s’enchaînent. Avant ces deux nouveaux retraits, une autre joueuse, identifiée comme Mohadese Zolfigol, avait déjà annulé sa demande. Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a précisé aux parlementaires qu’elle avait modifié sa décision sur les conseils de ses coéquipières et avait été encouragée à contacter l’ambassade d’Iran.
Les membres de l’équipe ayant renoncé à l’asile ont rejoint le reste de la délégation à Kuala Lumpur, en Malaisie, dans l’attente de leur vol retour vers l’Iran. De son côté, l’instance dirigeante du football iranien a accusé l’Australie d’avoir séquestré les joueuses pour les forcer à abandonner leur nation contre leur gré.


