Les automobilistes français font face à une nouvelle escalade des tarifs à la pompe. Après plusieurs semaines de hausse continue, un palier tarifaire significatif a été atteint en ce début de semaine, poussant les autorités à réagir sur le terrain tout en clarifiant leur position sur d’éventuelles subventions.
Selon les informations de l’agence Anadolu, le prix moyen du gazole a atteint lundi la barre symbolique des 2 euros le litre dans l’Hexagone. Ce tarif, calculé à partir des données transmises par plus de 9 400 stations-service, représente un niveau inédit depuis l’été 2022. Depuis le 27 février, date précédant les premières frappes israélo-américaines contre l’Iran, le gazole a subi une augmentation de 28 centimes par litre, soit une hausse d’environ 16 %. L’essence SP95-E10 a suivi une trajectoire similaire, gagnant 11 centimes sur la même période pour s’établir en moyenne à 1,832 euro le litre.
Cette dynamique haussière s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs macroéconomiques. Le prix du baril de Brent reste maintenu à un niveau élevé en raison des réductions de production appliquées par l’alliance OPEP+. À cela s’ajoute un effet de change : le pétrole s’échangeant en dollars, la faiblesse de l’euro face à la monnaie américaine renchérit mécaniquement le coût des importations. Sur le territoire français, la fiscalité pèse également de manière substantielle, les taxes représentant environ 60 % du prix final payé par le consommateur.
Face à cet impact direct sur le budget des ménages et les coûts du transport, le gouvernement a pour l’heure écarté l’idée de nouvelles aides généralisées à l’achat de carburant. Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, a indiqué lundi matin qu’il était « trop tôt pour en parler », tout en précisant que l’exécutif étudiait l’ensemble des scénarios.
Dans l’immédiat, la réponse de l’État s’est traduite par le lancement d’environ 500 contrôles dans les stations-service, étalés de lundi à mercredi. Ces inspections visent à vérifier que les tarifs affichés à la pompe sont strictement conformes à ceux déclarés sur la plateforme publique gouvernementale. Des disparités territoriales demeurent par ailleurs, les prix restant généralement plus élevés sur les axes autoroutiers et dans certaines zones rurales, comparés aux stations de la grande distribution.

