En Israël, le climat politique interne se crispe davantage en marge des opérations militaires en cours. Une passe d’armes oppose désormais le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux principales figures de l’opposition, à la suite d’un arbitrage rendu par la plus haute juridiction du pays concernant des manifestations.
Selon les dépêches de l’agence Anadolu, le chef du gouvernement israélien a publiquement fustigé la Haute Cour de justice dimanche. L’institution a en effet autorisé la tenue d’un rassemblement anti-guerre à Tel-Aviv la veille au soir. Sur la plateforme X, Benjamin Netanyahu a exprimé son mécontentement en dressant un parallèle avec les mesures encadrant les célébrations religieuses actuelles. « Incroyable. Alors que les Juifs sont limités pendant la fête de Pessah pour prier au Mur occidental, la Haute Cour de justice a approuvé une manifestation de gauche à Tel-Aviv », a-t-il déclaré. Il a ajouté que si la liberté de manifester est importante, celle de prier l’est tout autant, affirmant qu’en temps de guerre, le Commandement du front intérieur reste la seule autorité compétente pour fixer les dispositions sécuritaires.
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de forte mobilisation civile. Depuis deux semaines, des rassemblements sont organisés à travers le pays pour exiger l’arrêt immédiat de l’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Les déclarations du Premier ministre ont entraîné de vives réactions au sein de l’opposition. Yair Lapid, dirigeant du parti Yesh Atid, a accusé Benjamin Netanyahu de tenir un discours provocateur au moment où les affrontements se poursuivent. « Alors que l’on cherche encore des survivants sous les décombres à Haïfa, la seule chose qui permet à Netanyahu de se sortir de l’impasse est de tenter de diviser le peuple et d’inciter contre les juges », a-t-il réagi.
L’ancien ministre de la Défense, Benny Gantz, a abondé dans le même sens en appelant à mettre fin aux clivages internes, soulignant que « la guerre d’Israël est contre l’Iran, pas contre la Cour suprême ». Enfin, Yair Golan, à la tête du Parti démocrate, a dénoncé une manœuvre de division de la part d’un dirigeant qu’il estime en perte de vitesse politique, déclarant : « Comme un chien retournant à son vomi, Netanyahu recommence à inciter contre la Haute Cour et contre ‘la gauche’ ».

