Le Conseil de sécurité des Nations unies a officiellement condamné les attaques de l’Iran contre les pays du Golfe et la Jordanie. La résolution, qui exige l’arrêt immédiat des hostilités, a été largement adoptée mercredi, marquée par un nombre record de coparrainages et un positionnement diplomatique décisif au sein du Conseil.
Treize des quinze membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur du texte, initié par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et soutenu par 135 autres États membres de l’ONU. Aucun pays n’a voté contre. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, par la voix de son correspondant Gabriel Elizondo, il s’agit du « plus grand nombre de pays ayant jamais coparrainé un projet de résolution du Conseil de sécurité ». Le document exige l’arrêt des hostilités et déplore les frappes de Téhéran ciblant les infrastructures portuaires et énergétiques dans la région du Golfe.
L’adoption de ce texte a été rendue possible par l’abstention de la Chine et de la Russie, qui ont choisi de ne pas utiliser leur droit de veto. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a justifié cette décision en qualifiant le projet d’« extrêmement déséquilibré », tout en précisant qu’il est inacceptable de frapper les infrastructures civiles des États arabes du Golfe. De son côté, l’ambassadeur chinois Zhang Jun a affirmé que le conflit n’avait « ni légitimité ni base légale », appelant les États-Unis et Israël à cesser leurs attaques. Un projet de résolution distinct proposé par Moscou, appelant à la cessation générale des actions militaires au Moyen-Orient, a par ailleurs été rejeté par le Conseil.
À l’issue du vote, l’ambassadeur de l’Iran à l’ONU, Amir-Saeid Iravani, a fermement contesté la résolution, la qualifiant d’« injustice manifeste » et de « détournement flagrant du mandat du Conseil de sécurité ». Il a accusé les États-Unis et Israël d’être à l’origine de ce texte et d’avoir déclenché le conflit actuel, rappelant notamment la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei.
Le diplomate iranien a profité de cette tribune pour avancer un bilan des opérations militaires menées par Washington et Tel-Aviv depuis le 28 février. Il a fait état de plus de 1 348 civils tués et 17 000 blessés. Parmi les victimes, la représentation iranienne a dénoncé le massacre de 170 écolières à Minab. Plus de 19 000 sites civils, incluant des zones résidentielles et des hôpitaux, ont également subi des dommages selon les données présentées devant le Conseil.


