La campagne militaire menée par l’armée israélienne contre les hautes sphères de la République islamique s’intensifie. Alors que Téhéran s’apprête à inhumer plusieurs de ses dirigeants, le gouvernement israélien franchit un nouveau palier dans sa stratégie d’élimination ciblée.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a annoncé mercredi la mort du ministre iranien du Renseignement, Esmaeil Khatib. Si cette information n’a pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle par Téhéran, elle porterait à trois le nombre de responsables iraniens de premier plan tués en l’espace de 48 heures.
Cette annonce survient au lendemain de frappes israéliennes ayant coûté la vie à deux figures centrales de l’appareil d’État iranien : Ali Larijani, influent secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et ancien négociateur du dossier nucléaire, ainsi que Gholamreza Soleimani, commandant de la force paramilitaire du Bassidj.
En parallèle de ces opérations, les autorités israéliennes ont pris une décision qui modifie le cadre opérationnel de leurs interventions. Selon les déclarations d’Israel Katz, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et lui-même ont accordé à l’armée une autorisation permanente pour éliminer d’autres hauts responsables iraniens identifiés, levant ainsi l’obligation d’obtenir une approbation au cas par cas.
Du côté iranien, le discours officiel se veut résilient face à cette série d’attaques. Dans un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que les États-Unis et Israël n’avaient pas encore compris que le gouvernement iranien ne reposait pas sur des individus isolés. Il a insisté sur le fait que la disparition d’Ali Larijani ne porterait pas un coup fatal à la direction du pays.
Toutefois, la perte d’Esmaeil Khatib représenterait un nouveau revers significatif. La correspondante d’Al Jazeera, Nida Ibrahim, souligne que les analystes militaires israéliens considéraient ce dernier comme un homme de confiance, très proche du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Ces assassinats s’inscrivent dans une vaste offensive lancée le 28 février dernier. Depuis le début de ce conflit, marqué par la mort de l’ayatollah Ali Khamenei dès le premier jour, Israël applique à l’Iran la même stratégie de décapitation ciblée déjà déployée contre les dirigeants du Hamas, du Hezbollah avec Hassan Nasrallah, et des Houthis.


