L’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah franchit un nouveau palier. Alors que les opérations terrestres dans le sud du Liban commencent à faire des victimes dans les rangs de l’armée israélienne, la campagne aérienne s’étend désormais à des zones de la capitale libanaise jusqu’ici préservées par le conflit.
L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort de deux de ses soldats lors de combats dans le sud du Liban. Il s’agit des premières pertes militaires israéliennes confirmées au sol depuis la reprise des affrontements la semaine dernière. Parmi les victimes figure le sergent-chef Maher Khatar, âgé de 38 ans et originaire de Majdal Shams. En parallèle, les forces terrestres israéliennes, appuyées par des chars et des bulldozers blindés massés à la frontière, poursuivent leur incursion en s’emparant de collines stratégiques, alimentant les craintes d’une invasion à grande échelle.
Simultanément, l’offensive a pris une nouvelle dimension à Beyrouth. Tôt dimanche, un drone israélien a frappé une chambre d’hôtel à Raouché, un quartier du front de mer prisé des touristes et abritant actuellement des milliers de déplacés. Cette zone avait été épargnée lors de la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah, qui s’était achevée par un cessez-le-feu en novembre 2024. L’armée israélienne a justifié cette attaque en affirmant cibler de hauts commandants de la Force Al-Qods, la branche des opérations extérieures du Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, accusés de préparer des attaques contre l’État hébreu.
Cette frappe à Raouché a fait au moins quatre morts et dix blessés, selon les responsables sanitaires libanais. Plus globalement, le ministère libanais de la Santé publique dresse un bilan de 394 personnes tuées au Liban en une semaine, dont 83 enfants, 42 femmes et neuf secouristes. De son côté, Israël affirme avoir éliminé environ 200 combattants du Hezbollah depuis la reprise des hostilités, un chiffre que le groupe armé n’a pas commenté, n’ayant pas publié son propre bilan.
Comme le rapporte Al Jazeera, le Liban a été replongé dans la guerre lundi dernier lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes et des drones vers Israël. Ces tirs intervenaient en réponse à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, survenu le mois dernier lors de frappes aériennes conjointes israélo-américaines. Depuis, le groupe armé maintient des tirs quotidiens vers le nord d’Israël et a signalé dimanche des affrontements avec les troupes israéliennes près de la ville frontalière d’Aitaroun.
Face à cette situation, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a pris la parole pour dénoncer une guerre dévastatrice que son pays n’a « ni cherchée ni choisie ». Il a également alerté sur l’ampleur des déplacements de population, avertissant que la situation pourrait engendrer des conséquences humanitaires et politiques sans précédent.


