Le mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR) se dit la cible d’une enquête du FBI, une accusation qui s’inscrit dans un contexte de démantèlement systématique des protections environnementales par l’administration Trump. Le groupe dénonce une manœuvre d’intimidation visant à museler la contestation face à une politique favorable aux énergies fossiles.
Selon la branche new-yorkaise de l’organisation, au moins sept de ses militants ont reçu la visite d’agents fédéraux depuis le début du second mandat de Donald Trump. L’un d’eux aurait même été interrogé à son domicile par deux agents spéciaux de la « Joint Terrorism Task Force » du FBI le 6 février dernier. Parallèlement, le ministère de la Justice a ouvert une enquête sur un autre collectif, Climate Defiance, suite à une « manifestation pacifique devenue virale ».
Dans un communiqué, Extinction Rebellion accuse : « Trump instrumentalise le ministère de la Justice pour s’attaquer à des manifestants pacifiques afin de satisfaire une industrie des combustibles fossiles pesant plusieurs milliers de milliards de dollars, celle-là même qui l’a fait élire. Nous ne pouvons que supposer qu’ils se sentent menacés par notre mouvement. »
Connu mondialement pour ses actions de désobéissance civile non-violente, comme le blocage de routes ou d’aéroports, XR se définit comme un « mouvement décentralisé, international et politiquement non partisan ». Ses actions spectaculaires, parfois menées avec des figures comme Greta Thunberg, visent à contraindre les gouvernements à agir face à l’urgence climatique.
Cette surveillance présumée coïncide avec une politique ouvertement hostile à la cause environnementale. Le président Trump, qui a qualifié le changement climatique de « canular », a reçu un soutien financier considérable de l’industrie pétrolière. D’après le groupe Global Witness, des entreprises comme Chevron et Exxon ont contribué à hauteur de 19 millions de dollars à son fonds d’investiture.
Fidèle à sa promesse de campagne « Drill, baby, drill », l’administration a multiplié les décisions controversées, comme l’expansion de l’extraction pétrolière dans la réserve faunique nationale de l’Arctique en Alaska. Plus récemment, elle a révoqué une déclaration de 2009, connue sous le nom de « constat de mise en danger », qui servait de base juridique à la réglementation de la pollution atmosphérique. Une décision qualifiée par le président de « plus grande action de déréglementation de l’histoire américaine », mais qui a déclenché une vague d’indignation et une action en justice de la part d’une douzaine d’organisations écologistes et sanitaires, qui craignent « plus de pollution, des coûts plus élevés et des milliers de morts évitables ».


