Alors que les regards se tournent vers Abou Dhabi pour une nouvelle tentative de dialogue diplomatique, la réalité du terrain en Ukraine impose une urgence d’une toute autre nature. À l’approche du quatrième anniversaire du conflit, Kiev fait face à une modification tactique de l’offensive russe, obligeant le président Volodymyr Zelenskyy à instruire son commandement militaire d’une réponse immédiate pour protéger les flux vitaux de la nation.
**Une guerre logistique ciblée**
Selon les informations relayées par Al Jazeera, Moscou concentre désormais ses frappes sur une infrastructure précise : le réseau ferroviaire. Volodymyr Zelenskyy a qualifié cette stratégie de « terreur contre notre logistique ». Les forces russes ont intensifié leurs attaques sur les nœuds de transport, notamment dans les régions de Dnipro et de Zaporizhzhia. L’objectif affiché par le Kremlin, à travers ces frappes, est de paralyser la mobilité ukrainienne, alors que le réseau ferré a réussi à fonctionner de manière continue malgré près de quatre ans de guerre.
Cette pression accrue a des conséquences directes sur la sécurité des civils. La semaine dernière, une attaque contre un train dans la région de Kharkiv a coûté la vie à cinq personnes. Face à cette menace, l’opérateur ferroviaire national, Ukrzaliznytsia, a classé plusieurs itinéraires de l’est du pays comme étant à « haut risque », exhortant les passagers à privilégier les bus. Dans la région de Soumy, des protocoles d’arrêt d’urgence près des abris anti-aériens ont été mis en place en cas de détection de drones russes.
**Le coût humain et énergétique**
Outre les infrastructures ferroviaires, les bombardements continuent de toucher durement les zones civiles et industrielles. Un raid aérien récent a tué 12 mineurs qui se trouvaient dans un bus, illustrant la violence des frappes loin des lignes de front. Ces attaques s’accompagnent d’une destruction systématique du réseau électrique, privant de nombreux foyers de chauffage, d’éclairage et d’eau courante en plein hiver.
**Des pourparlers sous tension aux Émirats**
Ce regain de violence survient paradoxalement à la veille d’une nouvelle séquence diplomatique. Des discussions, facilitées par l’administration du président américain Donald Trump, sont prévues ce mercredi et ce jeudi à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé la tenue de ces échanges tout en les qualifiant de « très complexes ».
Les positions restent figées sur la question territoriale. Moscou exige la conservation des territoires occupés, y compris des zones industrielles de l’est de l’Ukraine qu’elle ne contrôle pas encore totalement militairement. De son côté, Kiev exclut toute cession de territoire, estimant qu’une telle concession ne ferait qu’encourager de futures invasions. Malgré les efforts de médiation américains pour trouver des compromis, l’impasse persiste sur ces points fondamentaux.


