Dans un contexte de transition politique tendue à Caracas, les lignes diplomatiques bougent entre le Venezuela et les États-Unis. Alors que l’administration américaine maintient une pression militaire et économique constante sur le pays sud-américain, le gouvernement intérimaire vient de poser un acte fort. Cette décision, qui concerne un proche immédiat d’une figure majeure de l’opposition, apparaît comme une première réponse tangible aux conditions fixées par Washington pour une normalisation des relations.
Rafael Tudares Bracho, gendre du leader de l’opposition et ancien candidat à la présidentielle Edmundo Gonzalez, a recouvré la liberté ce jeudi. Selon les informations relayées par Al Jazeera, cette libération intervient après 380 jours de détention. L’homme avait été arrêté en janvier 2025, quelques jours avant l’investiture prévue de Nicolas Maduro pour un troisième mandat, sous des accusations de « conspiration, terrorisme et association de malfaiteurs ».
**Une concession directe à l’administration Trump**
Cette mesure s’inscrit dans une séquence politique particulière, marquée par la présidence intérimaire de Delcy Rodriguez suite à l’enlèvement de l’ancien président Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, une opération autorisée par Donald Trump. D’après nos sources, la libération de M. Tudares Bracho est largement perçue comme une concession faite à l’administration du président américain Donald Trump. Ce dernier maintient des actifs militaires déployés au large des côtes vénézuéliennes et a menacé les officiels de Caracas s’ils ne se conformaient pas aux exigences américaines.
Mariana Gonzalez, fille de l’opposant et épouse du détenu libéré, a confirmé la nouvelle via le réseau social X : « Après 380 jours de détention injuste et arbitraire (…) mon mari Rafael Tudares Bracho est rentré à la maison ce matin ». Elle décrit une épreuve « stoïque et profondément difficile » pour sa famille.
**La question des prisonniers politiques et des ressources pétrolières**
Edmundo Gonzalez, en exil depuis l’élection présidentielle contestée de 2024, a salué cette libération dans une vidéo, tout en refusant de réduire l’événement à une histoire personnelle. « Il reste des hommes et des femmes privés de liberté pour des raisons politiques, sans garanties, sans procédure régulière », a-t-il déclaré.
L’organisation de défense des droits des prisonniers, Foro Penal, a vérifié la libération de 145 personnes considérées comme des prisonniers politiques, bien qu’au moins 775 autres demeurent en détention. En parallèle de ces gestes humanitaires, le volet économique n’est pas en reste. Delcy Rodriguez, qui a récemment échangé avec Donald Trump et rencontré le directeur de la CIA, a appelé à l’ouverture de l’industrie pétrolière d’État aux investissements étrangers, une demande clé formulée par Washington.


