Le président ukrainien s’est rendu ce dimanche à Vilnius pour une série de rencontres stratégiques avec ses homologues lituaniens et des représentants polonais. Alors que la pression aérienne russe s’intensifie sur les infrastructures critiques, ce déplacement a permis de coordonner les mécanismes de soutien occidentaux, mais aussi de revenir sur les discrètes tentatives de médiation menées ces dernières quarante-huit heures au Moyen-Orient.
L’urgence militaire a dicté l’agenda de cette visite dominicale en Lituanie. Accompagné de son épouse Olena Zelenska, Volodymyr Zelensky a tenu à faire le point avec le président Gitanas Nauseda sur la situation du front, marquée par une intensification massive des frappes aériennes. Selon les données communiquées par la présidence ukrainienne et relayées par l’agence Anadolu, Moscou a lancé plus de 1 700 drones contre diverses cibles sur le sol ukrainien au cours de la seule semaine écoulée.
Cette saturation de l’espace aérien a conduit le chef de l’État ukrainien à réitérer l’impératif de renforcer la défense antiaérienne. « C’est pourquoi des missiles pour les systèmes de défense aérienne sont nécessaires quotidiennement », a-t-il souligné, précisant que la coordination avec les partenaires américains et européens reste la priorité absolue pour « assurer une meilleure protection du ciel ».
Activation des leviers de financement PURL et SAFE
Au-delà du constat opérationnel, les discussions de Vilnius ont porté sur l’architecture financière du soutien militaire. Notre rédaction note que deux initiatives spécifiques ont été au cœur des échanges : le programme PURL et l’initiative SAFE. Le premier, lancé en juillet dernier sous l’égide de l’OTAN, permet aux alliés de financer directement l’acquisition d’équipements américains.
Le second levier, le programme SAFE (Action de sécurité pour l’Europe), représente une enveloppe de 150 milliards d’euros (environ 177 milliards de dollars) validée par l’Union européenne en mai. Ce dispositif vise à accélérer les procédures d’achat de matériel de défense et offre à Kiev la possibilité de participer directement aux acquisitions conjointes. En parallèle, la Lituanie a mis sur la table une proposition concrète : l’ouverture d’une plateforme d’exportation d’armes basée à Vilnius pour fluidifier la logistique.
Le débriefing des négociations d’Abou Dhabi
Ce déplacement dans les pays baltes a également servi de tribune pour évoquer le volet diplomatique du conflit. Volodymyr Zelensky a informé son homologue lituanien de la teneur des consultations tripartites qui se sont tenues vendredi et samedi à Abou Dhabi. Ces discussions, accueillies par les Émirats arabes unis, ont réuni des représentants russes, ukrainiens et américains.
D’après les éléments rapportés par des médias américains, l’administration Trump a qualifié ces échanges de « productifs ». Toutefois, la question de l’intégrité territoriale demeure le point de friction majeur, considéré comme l’aspect le plus complexe des négociations en cours. « Notre diplomatie fait aussi partie des enjeux les plus importants… L’Ukraine, comme toujours, fait tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin à la guerre », a conclu le président ukrainien.

