
Sébou Tine est depuis deux ans en détention préventive. Âgé de 58 ans, marié et père de sept enfants, il ne serait qu’un vulgaire charlatan si l’on en croit l’accusation. D’après L’Observateur, qui a suivi son procès, il aurait profité de l’hospitalité de Kabou Niang, le pêcheur qui l’avait hébergé chez lui à Mbour, pour violer sa fille de 12 ans, qui devait passer l’entrée en sixième à l’époque des faits.
De cette relation coupable serait né l’enfant que portait la victime présumée en se présentant à la barre lors du procès. Elle accuse Sébou Tine de l’avoir violée à trois reprises. Précisant que ce dernier s’introduisait nuitamment dans sa chambre pour abuser d’elle et lui imposait le silence en menaçant que ses deux parents mourraient si elle le dénonçait.
La jeune fille gardera le «secret» jusqu’à son sixième mois de grossesse. Le 27 novembre, Kabou Niang interpelle sa fille sur sa subite transformation physique. Il dut insister pour pousser son enfant à se confesser. Le pêcheur, envahi par la colère après avoir été mis au parfum, tente en vain de joindre le charlatan. Ce dernier était à ce moment-là parti dans son village natal pour les besoins de la Korité.
Kabou Niang informe son ami, Mbaye Zale, qui lui avait demandé d’héberger Sébou Tine avant de déposer une plainte à la brigade de gendarmerie de Mbour. Si à l’enquête préliminaire, l’accusé avait reconnu les faits qui lui sont reprochés, il a changé de version à la barre. Jurant s’être limité à remettre à la fille un stylo, pour sa réussite à l’entrée en sixième, et lui avoir offert des bains mystiques pour guérir ses maux de ventre récurrents.
Pourtant, souligne L’Observateur, il avait reconnu la paternité de l’enfant de la fille de 12 ans et certains de ses proches avaient même accepté de baptiser le bébé.
A. Ngom, 26 ans, se présente au SAMU avec des saignements et des maux de ventre. Pressée de questions par le personnel médical, après consultation, elle déclare avoir accouché d’un mort-né. Alertée, la police la conduit chez elle à Arafat, un quartier de Grand-Yoff.
Sur place, le bébé est retrouvé dans un sac en plastique jeté dans la poubelle de la chambre de la dame. Elle confesse avoir caché sa grossesse, pour ne pas faire honte à ses parents, avant de jurer que le bébé est tombé sur le sol au moment de son accouchement.
Poursuivant son récit face aux enquêteurs, A. Ngom signale que le nouveau-né continuait de pleurer après sa chute, mais qu’il perdra la vie quand elle l’a mis dans le sac en plastique.
D’après Libération, qui évoque cette affaire dans son édition de ce jeudi, l’autopsie est venue balayer la version de la jeune dame. Celle-ci «a révélé que le nouveau-né est décédé d’une asphyxie mécanique à la suite d’une strangulation», rapporte le journal.
«Par ailleurs, poursuit la même source, l’exploitation du téléphone de A. Ngom a permis de découvrir qu’elle consultait beaucoup de sites parlant d’avortement en plus d’échanger avec un mystérieux ‘Dr Ndiaye’, connu sur le réseau social TikTok, qui lui expliquait comment avorter.»
Libération informe que la mise en cause a été déféré au parquet, ce mercredi, pour infanticide.
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