Une figure historique de la politique britannique se retire de la scène parlementaire sous la pression de révélations persistantes. Alors que de nouveaux éléments documentaires ont émergé outre-Atlantique, la position de l’ancien ministre au sein de la Chambre haute est devenue intenable, entraînant une décision actée ce mardi.
Peter Mandelson, âgé de 72 ans, a officiellement notifié son intention de démissionner de la Chambre des Lords. L’information a été confirmée par le président de la Chambre, Michael Forsyth, précisant que ce départ sera effectif dès ce mercredi. Cette décision intervient dans un contexte de surveillance accrue autour des liens entretenus par l’homme politique avec le défunt délinquant sexuel Jeffrey Epstein.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette démission fait suite à la diffusion d’une nouvelle tranche de documents gouvernementaux américains. Ces archives contiennent des correspondances électroniques dans lesquelles l’ancien ambassadeur britannique aux États-Unis partageait des analyses politiques avec le financier américain. Certains échanges, datant de la crise financière de 2008, concernaient des informations sensibles sur les marchés, ce qui, selon les critiques, pourrait constituer une infraction à la loi.
Les dossiers mis au jour font également état de mouvements financiers. Des documents bancaires suggèrent que Jeffrey Epstein a transféré des dizaines de milliers de dollars vers des comptes liés à Peter Mandelson ou à son partenaire, Reinaldo Avila da Silva. Interrogé sur ces transactions, l’intéressé a déclaré ne pas s’en souvenir et s’est engagé à examiner les pièces. Par ailleurs, une photographie montrant le politicien en sous-vêtements aux côtés d’une femme dont le visage a été flouté par les autorités américaines a été rendue publique. Sur la BBC, M. Mandelson a affirmé ne pas pouvoir situer le lieu ni identifier la femme.
La réaction au sommet de l’État britannique a été immédiate. Le Premier ministre Keir Starmer a fait part à son cabinet de sa consternation face à ces informations, qualifiant la transmission présumée de courriels gouvernementaux sensibles de « honteuse ». Il a ordonné à la fonction publique de mener un examen « urgent » de tous les contacts que Peter Mandelson a pu avoir avec Jeffrey Epstein lorsqu’il était au gouvernement.
Sur le plan judiciaire, la police britannique a indiqué qu’elle évaluait actuellement les rapports de mauvaise conduite potentielle pour déterminer s’ils atteignent le seuil criminel justifiant une enquête formelle. Anticipant les retombées de cette affaire, Peter Mandelson avait déjà quitté le Parti travailliste dimanche dernier pour éviter ce qu’il a qualifié de « nouvel embarras ».


